Issue Category : Numéro 1 2025

  • Entretien : conversation avec le président de l’Union internationale du gaz

    Entretien : conversation avec le président de l’Union internationale du gaz

    Paul Cheliak, vice-président – stratégie et approvisionnement en gaz à l’Association canadienne du gaz, s’entretient avec Andrea Stegher, conseiller principal de SNAM et président de l’Union internationale du gaz (UIG). Ils discutent de la carrière d’Andrea dans l’industrie gazière, des grands changements dans les filières énergétiques mondiales, de la stratégie de résilience de l’Italie grâce aux infrastructures et à la diversification, et du rôle du Canada pour assurer un avenir énergétique sûr. 

    Le contenu de l’entretien a été légèrement modifié pour en accroître la clarté. 

    Paul Cheliak : Vous travaillez dans l’industrie de l’énergie gazière depuis plusieurs années. Qu’est-ce qui vous a amené à faire carrière dans ce secteur et quels changements importants avez-vous observés au cours de votre carrière?

    Andrea Stegher : Merci pour cette question, Paul. Celle-ci me fait réaliser que cela fait 30 ans que j’ai obtenu mon diplôme universitaire. À l’époque, je n’avais aucune idée de l’existence même de l’industrie de l’énergie! Par hasard, je me suis inscrit à un programme de maîtrise en économie managériale offert par ENI en Italie, et cela a vraiment changé le cours de ma vie. 

    J’ai commencé en amont à ENI, où je travaillais sur l’analyse de scénarios énergétiques, puis je me suis orienté vers la libéralisation du marché à la fin des années 90, en contribuant à faire du stockage souterrain du gaz naturel une unité commerciale rentable. Au fil des ans, j’ai travaillé dans les domaines de la règlementation, de la stratégie commerciale et du développement d’entreprise. 

    Andrea Stegher, conseiller principal de SNAM et vice-président de l’Union internationale du gaz 

    Plus tard, j’ai rallié les rangs de SNAM, première entreprise européenne d’infrastructures gazières, où j’ai d’abord assumé des responsabilités en développement d’infrastructures – incluant des simulations hydrauliques et la planification de capacité, ce qui constituait un sacré bond en avant par rapport à ma formation d’économiste. Entre autres choses, vers 2015, j’ai même travaillé à la mise en place d’une usine pilote pour ce que l’on appelle aujourd’hui le e-méthane – à l’époque appelé Power-to-Gas (conversion d’électricité en gaz naturel – P2G). 

    Cette carrière a été riche en défis et en expériences diverses. Cependant, s’il est une constante de ces 30 dernières années, c’est bien le changement. Cela fait partie intégrante de l’ADN de ce secteur ou, du moins, c’est ce qui ressort de mon expérience. Nous nous efforçons toujours de nous améliorer et, naturellement, cela nécessite de repousser les limites de temps à autre pour trouver des moyens de mieux faire les choses. C’est ce qui a rendu le travail si intéressant, et je suis vraiment enthousiaste à l’idée de continuer. 

    Paul Cheliak
    En ce qui concerne le changement constant, compte tenu des changements géopolitiques importants que nous observons dans le monde entier – des Amériques à l’Europe et au Moyen-Orient – comment voyez-vous le gaz naturel et le gaz naturel liquéfié (GNL) s’intégrer dans la conversation évolutive sur la sécurité énergétique mondiale? 

    Andrea Stegher : C’est une question très opportune et importante. Nous assistons non seulement à des tensions géopolitiques croissantes, en particulier en Europe et en Méditerranée orientale, mais aussi à un changement structurel plus large dans la manière dont nous envisageons l’énergie. Dans le passé, nous considérions le gaz naturel de manière isolée; aujourd’hui, nous le voyons comme faisant partie d’un système énergétique mondial beaucoup plus intégré. 

    Les marchés gaziers sont passés de régionaux à mondiaux, le GNL devenant un lien clé entre les continents. Cette intégration mondiale est source d’opportunités, mais aussi de complexité et, dans certains cas, de fragilité. La crise énergétique de 2022 a montré à quel point l’optionnalité et la diversification de l’approvisionnement sont essentielles. Si cette crise s’était produite cinq ans plus tôt, avant la mise en place de l’infrastructure de GNL, la situation de l’Europe aurait été bien pire. 

    « Les marchés gaziers sont passés de régionaux à mondiaux, le GNL devenant un lien clé entre les continents. »

    Ainsi, même si la géopolitique est au premier plan, les principes de base restent importants : l’investissement à long terme, la sécurité de l’approvisionnement, l’accessibilité financière et la responsabilité climatique. Il faut trouver un équilibre entre ces piliers. Le gaz naturel – et le GNL en particulier – continue de jouer un rôle essentiel pour assurer la sécurité énergétique, permettre la flexibilité et soutenir les transitions grâce à des technologies telles que le biométhane et l’hydrogène.  

    En fin de compte, nous devons rester concentrés sur le maintien d’une filière énergétique résiliente. Le gaz naturel reste essentiel – il a répondu à environ 30 % de la croissance de la demande mondiale d’énergie l’année dernière – et nous ne devrions pas hésiter à parler de la valeur que ce secteur apporte aux consommateurs du monde entier. 

    Paul Cheliak : Quel rôle l’énergie gazière joue-t-elle en Italie aujourd’hui et jouera-t-elle à l’avenir? Tant à l’échelle nationale qu’internationale. 

    Andrea Stegher : Nombreux sont ceux qui l’ignorent, mais l’Italie disposait d’une importante production nationale, très substantielle au milieu du siècle dernier, et l’Italie a joué un rôle clé dans la création de la première liaison gazière entre l’Europe occidentale et l’Union soviétique, permettant à cette dernière d’envoyer du gaz naturel à l’Europe.  En bref, l’Italie est un pays gazier depuis de nombreuses décennies, et elle dépend encore largement du gaz naturel, qui répond à environ 40 % de ses besoins énergétiques. Nous avons un nombre important de centrales à gaz naturel à cycle combiné, une base industrielle solide et plus de 20 millions de ménages qui dépendent du gaz naturel dans un pays relativement petit. Si vous regardez la carte, l’Italie est compacte par rapport au Canada, qui a une population légèrement inférieure, mais une vaste superficie. Pourtant, en Italie, nous exploitons 300 000 kilomètres de pipelines destinés au transport du gaz naturel. Pour mettre cela en perspective, notre réseau routier national ne fait qu’environ 8 000 kilomètres. 

    « En Italie, nous exploitons 300 000 kilomètres de pipelines destinés au transport du gaz naturel. Pour mettre cela en perspective, notre réseau routier national ne fait qu’environ 8 000 kilomètres. »

    L’Italie est depuis longtemps très dépendante du gaz naturel russe, mais nous avons également maintenu des liens étroits avec l’Algérie, car notre principe directeur en matière d’énergie a été la diversification. Nous avions clairement besoin de protéger les consommateurs en investissant dans le développement des infrastructures, ce qui a permis à notre filière énergétique de résister à de nombreuses conditions. Par exemple, il y a quelques années, à Milan, où je vis, les températures descendaient jusqu’à -15 °C. Un tel froid aurait posé de sérieux problèmes sans le gaz naturel, ce qui nous a obligés à agir rapidement et à investir dans l’infrastructure. 

    La flexibilité a également joué un rôle important dans le renforcement de la résilience, soutenue par un réseau très solide de capacités de stockage souterrain de gaz naturel qui joue un rôle essentiel pour assurer un approvisionnement continu lors de nos fluctuations saisonnières de la demande – notre pic de consommation en hiver est quatre à cinq fois plus élevé qu’en été. Il serait difficile de gérer ce type de demande en recourant uniquement à l’électrification, qui s’accompagne d’une grande complexité et de nombreux coûts. 

    L’Italie dispose de différents points d’entrée aux pipelines : l’Algérie, la Libye – bien que la Libye soit confrontée à des défis politiques – et, depuis peu, l’Azerbaïdjan. Je suis fier d’avoir contribué à la création du corridor gazier méridional dans le cadre de mes fonctions passées. 

    Depuis 2022, nous avons augmenté notre capacité de regazéification – une étape essentielle dans le renforcement de notre infrastructure énergétique. Toutefois, les terminaux de regazéification ne suffisent pas à eux seuls; ils ont besoin d’un approvisionnement régulier. C’est pourquoi il est si important que davantage de producteurs entrent sur le marché. La diversification s’est avérée essentielle. Avant 2022, l’Italie dépendait de la Russie pour 40 % de son gaz naturel et, sachant que l’Italie importe 97 % du gaz naturel qu’elle consomme, la réduction de la dépendance à l’égard d’un seul fournisseur est vitale pour la sécurité énergétique. 

    L’Italie jouit d’une position géographique unique. Permettez-moi d’être italien un instant et de vous dire que nous sommes au centre de la Méditerranée. Cela nous permet de devenir une plaque tournante de l’énergie, non seulement pour les importations, mais aussi pour les exportations. Nous avons déjà développé une capacité de flux inversé qui nous permet d’acheminer du gaz naturel du pays vers l’Europe du Nord, ce que nous n’aurions pas pu imaginer il y a 15 ans. En fait, nous avons même récemment exporté du gaz naturel vers l’Autriche. 

    À l’avenir, cette infrastructure pourrait également soutenir de nouvelles molécules, comme l’hydrogène, en particulier si les développements en Afrique du Nord s’intensifient. Encore une fois, notre objectif reste double : continuer à répondre aux besoins énergétiques actuels sans interruption et préparer un avenir énergétique durable et diversifié. 

    Paul Cheliak : Alors que vous vous apprêtez à assumer le rôle de président de l’Union internationale du gaz, quels sont les développements ou les opportunités que vous attendez le plus? 

    Andrea Stegher : Tout d’abord, je suis heureux de servir un secteur que je connais depuis de très nombreuses années. Notre secteur jouit d’une grande crédibilité et nous pouvons nous appuyer sur des faits et des chiffres impressionnants pour l’étayer. J’estime que c’est là que l’UIG peut faire beaucoup plus pour soutenir ses membres et représenter toutes les parties prenantes, qu’il s’agisse des décideurs politiques, des institutions financières ou de la prochaine génération de jeunes professionnels de l’énergie. Nous avons tendance à oublier à quel point il est important de rendre la pareille et de partager ce que nous avons appris.  

    Je pense que mon enthousiasme vient aussi du fait de servir une organisation mondiale comme l’UIG qui, selon moi, est comme une entreprise en démarrage vieille de 100 ans. L’UIG a été fondée en 1931, elle peut donc se targuer d’une histoire très riche, mais c’est aussi une organisation en constante évolution. À ce titre, nous avons récemment publié le Manifeste de l’UIG, qui définit une orientation claire pour notre travail et renforce notre rôle en tant que voix crédible et significative sur le gaz naturel et l’énergie au sens large. 

    J’aimerais également souligner la richesse des compétences et de l’expertise au sein de l’industrie et des comités de l’UIG. Je crois que nous pouvons en faire plus pour amplifier cela et positionner l’UIG comme une grande passerelle pour l’échange de connaissances et d’idées dans l’ensemble de la communauté mondiale de l’énergie. 

    Paul Cheliak : Parlons de la technologie – c’est un paysage en constante évolution. Que doivent faire les entreprises de services publics pour rester agiles face à l’évolution des besoins technologiques et des demandes des consommateurs? 

    Andrea Stegher : C’est un élément très important. Je pense que le fait qu’en Italie, 99 % des consommateurs utilisent des compteurs de gaz intelligents n’est pas très connu. Nous nous intéressons également à l’IA, à la cartographie numérique de nos infrastructures et, bien sûr, à la cybersécurité. On peut donc dire sans se tromper qu’il y a de nombreuses façons dont la technologie est profondément ancrée dans notre industrie. 

    La technologie s’étend également au développement de nouvelles molécules et de nouveaux systèmes, tels que le captage et le stockage du carbone. Il est désormais essentiel de changer le paysage et de créer de nouvelles chaînes de valeur. Il faut donc créer des mécanismes de tarification du CO2, qu’il s’agisse d’une tarification explicite ou d’une tarification fictive, afin de réaliser des analyses de rentabilité qui soient significatives pour le développement de ces nouvelles voies. 

    Comprendre les besoins du client est tout aussi important que l’infrastructure que nous construisons. Si nous sommes très fiers de la chaîne de valeur que nous représentons, nous oublions parfois les consommateurs. Il est toujours important de reconnaître que nous sommes là pour répondre à leurs besoins, et c’est là que la technologie joue un rôle essentiel en aidant à répondre à ces besoins.

    Paul Cheliak : Comme vous le savez, le Canada accueillera le G7 cette année, à un moment critique, non seulement dans les relations entre le Canada et les États-Unis, mais aussi dans les relations entre le Canada et l’Europe et entre le Canada et le reste du monde. Comment le Canada doit-il se positionner en matière d’énergie et de gaz naturel? Et quelles leçons pouvons-nous tirer de l’expérience de l’Italie, qui a accueilli le G7 sous sa présidence? 

    Andrea Stegher : Les développements de ces dernières années ont clairement souligné le rôle important que joue le gaz au sein du G7. Dans un contexte mondial de plus en plus volatil et incertain, la sécurité énergétique est devenue une préoccupation centrale. Par exemple, dans des pays comme l’Italie, qui ne dispose pas de ressources nationales suffisantes, cela signifie qu’il faut investir dans les infrastructures et poursuivre une plus grande diversification de l’approvisionnement. Mais il ne s’agit pas seulement d’un défi pour l’Italie – il s’agit également d’un appel pour les pays disposant de ressources nationales à soutenir des efforts de développement plus larges et à favoriser les relations énergétiques internationales. 

    Lorsque l’on parle de forums tels que le G7 et le G20, une autre priorité essentielle est de favoriser l’inclusion plutôt que la fragmentation. Le G7 a une occasion unique – et une responsabilité – de collaborer de manière plus significative avec les autres membres du G20. Nous devons éviter de limiter les discussions clés à un nombre restreint de voix. Nous devons au contraire élargir le dialogue et renforcer les liens entre les régions et les économies. 

    La diversité des points de vue est essentielle à toute conversation au sein du G7 – et c’est là que nous pensons que l’UIG peut jouer un rôle constructif. L’Union internationale du gaz s’est engagée à contribuer à cet effort en offrant une compréhension plus claire et plus globale du paysage de l’énergie gazière. Nous nous concentrons sur la manière dont le gaz peut répondre à la fois aux besoins immédiats en matière de sécurité énergétique et à l’innovation à long terme nécessaire pour l’avenir. 

    « Les développements de ces dernières années ont clairement souligné le rôle important que joue le gaz au sein du G7. »

    Paul Cheliak : Terminons par une question pour vous, Andrea, sur le Canada. Quels conseils avez-vous à nous donner alors que nous envisageons notre avenir énergétique en tant que pays? 

    Andrea Stegher : Bien sûr, vous avez d’importants défis à relever en termes de densité de population. Il existe de nombreuses possibilités d’accès aux ressources, et je pense que vous disposez d’une vaste infrastructure pour répondre aux besoins des consommateurs. 

    De plus, je suis d’avis que le Canada a la possibilité de se positionner plus fortement sur la scène internationale. Si le maintien d’une relation étroite avec les États-Unis est bien sûr essentiel, notamment en raison de la nature bidirectionnelle du commerce du gaz naturel, il est également possible d’élargir la contribution du Canada au niveau mondial. Grâce à ses importantes ressources énergétiques, le Canada peut jouer un rôle stabilisateur sur les marchés mondiaux. Comme je l’ai déjà mentionné, la volatilité reste un problème majeur et la demande mondiale d’énergie continue de croître. C’est pourquoi il est si important d’investir dans des infrastructures durables et de développer des ressources capables de répondre efficacement aux besoins futurs.  

    Il y a des années, j’ai encouragé mes collègues italiens à repenser la carte du monde en plaçant l’Asie au centre, plutôt que l’Europe – un changement de perspective qui nous aide à mieux comprendre comment les différentes régions peuvent contribuer au développement, au progrès humain et à la promotion sociale. Je pense que le Canada, avec ses capacités et ses valeurs, a un rôle important à jouer dans cette vision élargie. 

    Paul Cheliak : Je vous remercie de nous avoir consacré de votre temps, Andrea.
     

  • Vanguard Renewables

    Vanguard Renewables

    Où est située votre entreprise? 

    Nous sommes situés à Weston, dans le Massachusetts, et possédons des installations de co-digestion anaérobie opérationnelles dans le Massachusetts et le Vermont, ainsi que des installations en cours de construction dans le Wisconsin et en Virginie. 

    Combien d’employés avez-vous? 

    Nous comptons actuellement environ 200 employés, et nous continuons à prendre de l’expansion!

    Quelle est la priorité de l’entreprise pour les cinq prochaines années?

    Nous voulons que nos digesteurs anaérobies soient présents dans les principaux marchés américains et visons disposer de 50 installations opérationnelles d’ici cinq ans. Associés à des fabricants de produits alimentaires et de boissons, nous recyclons les déchets organiques et le fumier de vache dans nos digesteurs de ferme, produisant du biogaz, du CO2 et de précieux sous-produits agricoles. Ce processus circulaire réduit les émissions de gaz à effet de serre, soutient l’agriculture régénérative et génère du gaz naturel renouvelable pour décarboner diverses industries. Au cours des cinq prochaines années, nous continuerons à accroître notre présence, en offrant des solutions zéro déchet à l’industrie de l’alimentation et des boissons, tout en produisant de l’énergie renouvelable.

    Quelles sont les possibilités qui s’offrent à votre entreprise et quels sont les défis qu’elle doit relever? 

    Nous sommes le plus grand producteur de gaz naturel renouvelable (GNR) dans le secteur des matières organiques. Les 12,5 milliards de pieds cubes (Gpi3) en cours de développement dans tout le pays nous donneront l’occasion d’offrir une énergie renouvelable sans émission de carbone à un plus vaste public. Nous pourrons ainsi également aider l’industrie des aliments et des boissons à se décarboner, en plus de contribuer à soutenir les petites fermes familiales en leur versant un loyer annuel et en leur fournissant de l’engrais à faible teneur en carbone et de la litière pour les animaux. Le GNR peut être utilisé dans de multiples segments, ce qui crée des opportunités de réduction volontaire des émissions sur les marchés de la transformation du gaz en produit, des services publics et du transport, en particulier dans des secteurs tels que le transport maritime et international. Les règlements et les nouveaux marchés peuvent représenter un défi pour le GNR, et certains n’offrent pas encore de voies d’accès pour notre GNR de co-digestion unique, comparativement aux sources d’approvisionnement en GNR provenant du fumier ou des décharges.

    Selon vous, quel sera le rôle du gaz naturel au cours des 50 prochaines années?

    Le gaz naturel sera un important combustible de transition pour la stabilité du réseau et les processus industriels à mesure que les énergies renouvelables se développeront, car le GNR s’imposera comme la voie de la décarbonation, en particulier dans les secteurs difficiles à électrifier tels que le transport maritime ou le transport lourd. La production américaine de GNR, qui devrait être multipliée par dix d’ici 2050, remplacera de plus en plus le gaz fossile grâce à sa capacité unique, contrairement à l’électricité, à tirer parti des infrastructures de gaz naturel existantes, comme les terminaux et les pipelines de gaz naturel liquéfié. D’ici 2050, le recours aux énergies renouvelables telles que le GNR sera crucial, car la consommation du gaz conventionnel est appelée à diminuer en raisons des objectifs climatiques.

  • Pompes à chaleur au gaz : Améliorer l’efficacité énergétique dans le domaine du chauffage et du refroidissement

    Pompes à chaleur au gaz : Améliorer l’efficacité énergétique dans le domaine du chauffage et du refroidissement

    Les pompes à chaleur au gaz (PCG), également appelées pompes à chaleur activées thermiquement, apparaissent comme une technologie prometteuse pour améliorer l’efficacité du chauffage et de la climatisation tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre (GES). En tirant parti de la combustion du gaz naturel pour alimenter le processus de la pompe à chaleur, ces systèmes offrent une solution résiliente et économe en énergie, en particulier dans les climats plus froids où les pompes à chaleur électriques traditionnelles sont confrontées à des limites de rendement.  

    Les PCG offrent aux propriétaires, aux entreprises et aux industries une solution pratique pour améliorer la performance environnementale tout en conservant des solutions de chauffage fiables et efficaces. Cet article porte sur les avantages, les avancées technologiques, le potentiel du marché et les implications politiques des PCG au Canada. 

    Pompe à chaleur au gaz naturel. Source : Enbridge Gas

    Comment fonctionnent les pompes à chaleur au gaz (PCG)?

    Les pompes à chaleur au gaz fonctionnent en utilisant la combustion du gaz naturel pour alimenter un cycle de pompe à chaleur. La chaleur peut provenir de l’air, de l’eau ou du sol, comme pour les pompes à chaleur électriques. Cependant, les pompes à chaleur électriques traditionnelles perdent de leur efficacité par grand froid, car leur capacité à extraire la chaleur de l’air diminue à mesure que la température extérieure baisse. Elles ont donc besoin d’un chauffage d’appoint, souvent à partir d’éléments de résistance électrique, ce qui réduit l’efficacité globale.  

    Les pompes à chaleur au gaz, quant à elles, bénéficient d’un processus supplémentaire de récupération de la chaleur. Elles capturent et utilisent la chaleur résiduelle de la combustion, ce qui améliore considérablement le rendement global et permet de maintenir une efficacité supérieure à 100 %, même dans des conditions glaciales. Cela en fait une option intéressante pour les régions aux hivers rigoureux, car elles peuvent continuer à fournir un chauffage constant et rentable là où les pompes à chaleur électriques ont du mal à le faire. 

    Pourquoi envisager les pompes à chaleur au gaz (PCG)?

    Les pompes à chaleur au gaz présentent toute une série d’avantages pour les applications résidentielles, commerciales et industrielles :

    • Réduction des émissions de GES : En maximisant l’utilisation du gaz naturel, y compris du gaz naturel renouvelable (GNR) et potentiellement de l’hydrogène, les PCG ont des émissions réduites par rapport aux méthodes de chauffage conventionnelles. 
    • Rendement supérieure en climat froid : Contrairement aux pompes à chaleur électriques, qui éprouvent des difficultés par grand froid, les PCG conservent une grande efficacité même à basse température, ce qui en fait une option de chauffage fiable dans le climat canadien. 
    • Utilisation de l’infrastructure existante : Ces systèmes s’intègrent parfaitement aux réseaux de gaz naturel existants, ce qui réduit la complexité et les coûts d’installation. 
    • Conformité aux futures normes énergétiques : Les politiques fédérales et provinciales favorisent de plus en plus les technologies dont le rendement énergétique est supérieur à 100 %, ce qui fait des PCG une solution viable. 

    Malgré le potentiel des pompes à chaleur au gaz, leur adoption à grande échelle se heurtent à certains obstacles :

    • Sensibilisation limitée : De nombreux propriétaires, entreprises et professionnels du chauffage, de la ventilation et du conditionnement d’air (CVCA) ne connaissent pas encore la technologie des PCG. Des efforts d’éducation et de sensibilisation sont nécessaires pour en accroître l’adoption de cette technologie. 
    • Contraintes de disponibilité : Si les appareils commerciaux sont disponibles, les modèles résidentiels n’en sont encore qu’au stade initial de la production. L’augmentation de la capacité de production sera essentielle pour l’adoption de cette technologie. 
    • Limites : Actuellement, les coûts initiaux restent élevés en raison de la fabrication à petite échelle. Cependant, les coûts devraient diminuer au fur et à mesure que la production augmentera. 
    • Incertitude règlementaire : Bien qu’il existe des politiques favorisant les solutions de chauffage à haut rendement, le soutien explicite aux PCG est encore en cours de développement. Les programmes d’incitation doivent être élargis pour inclure les PCG. 

    Pour surmonter ces difficultés, les acteurs de l’industrie – y compris les fabricants, les services publics et les agences gouvernementales – travaillent à l’élaboration d’une feuille de route visant à généraliser les pompes à chaleur au gaz d’ici à 2035. Les phases clés comprennent des programmes pilotes (20222025), l’élargissement des réseaux de formation et de distribution de CVCA (20252028), et l’adoption à grande échelle avec un produit plus abordable (20282030).

    Conclusion

    Les PCG offrent une solution convaincante pour répondre aux besoins de chauffage et de refroidissement du Canada, particulièrement dans les climats plus froids où les solutions électriques peuvent s’avérer insuffisantes. En tirant parti de la combustion du gaz naturel, elles procurent efficacité, résilience et abordabilité, ce qui les positionne comme un élément clé d’un avenir énergétique à faibles émissions. 

    « Les pompes à chaleur au gaz offrent une solution convaincante pour répondre aux besoins de chauffage et de refroidissement du Canada, en particulier dans les climats plus froids où les solutions électriques peuvent s’avérer insuffisantes. » 

    Les prochaines années seront cruciales pour déterminer la place des PCG dans le paysage énergétique canadien en pleine évolution. L’élargissement des programmes pilotes, une meilleure accessibilité grâce à des économies d’échelle et l’intégration des PCG dans les programmes d’incitation seront essentiels pour une adoption généralisée. 

  • Un champion de l’énergie

    Un champion de l’énergie

    Jacob Irving est un candidat naturel à la présidence de l’Association des consommateurs industriels de gaz.

    « Jacob Irving, président de l’Association des consommateurs industriels de gaz (ACIG) » 

    À la fin de l’année dernière, lorsque que l’Association des consommateurs industriels de gaz (ACIG) s’est mise à la recherche d’un nouveau président après le départ à la retraite de Shahrzad Rahbar, elle a recruté le candidat idéal : Jacob Irving.  

    Très expérimenté et passionné par la scène énergétique canadienne, M. Irving a dirigé avec succès certaines des associations les plus importantes du secteur de l’énergie au Canada, notamment l’Oil Sands Developers Group, l’Association canadienne de l’hydroélectricité et le Conseil canadien de l’énergie.  

    Originaire de la communauté huronne et franco-ontarienne de Penetanguishene, il a obtenu son diplôme à l’Université d’Ottawa. Son premier emploi a été celui d’agent d’information à la Bibliothèque du Parlement à Ottawa, où il s’est spécialisé dans la procédure parlementaire. Cela l’a conduit en Afrique du Sud – l’apartheid était tombé et de nouvelles législations provinciales étaient en train d’être créées. « J’ai commencé par un contrat avec l’Agence canadienne de développement international (ACDI) pour aider à réécrire les règlements du Parlement provincial de Cap-Ouest, se souvient-il, et j’ai ensuite été embauché pour aider à créer le premier programme d’initiation des députés. Ces années ont été précieuses », dit-il. Elles ont marqué son esprit pendant des décennies, influençant son choix de carrière. « En travaillant et en voyageant en Afrique australe, j’ai été frappé par les nombreuses communautés qui restaient dans l’obscurité une fois le soleil couché, se souvient-il. Bien que je travaillais à l’époque dans le domaine de la procédure parlementaire, j’étais constamment frappé par l’importance de l’énergie. » [Traduction] 

    Ainsi, plutôt que de retourner à Ottawa, il choisit Calgary pour continuer à s’intéresser au développement énergétique (et pour vivre avec sa future épouse, qui travaillait pour TC Energy). « C’était en 2000 et le Canada accueillait pour la première fois le Congrès mondial du pétrole », raconte-t-il. Sa participation au Congrès a été « une occasion incroyable de travailler avec les nombreuses entreprises énergétiques formidables et différentes dont le siège se trouve à Calgary, dit-il. À la suite de cette expérience, j’ai été embauché par BP Canada Energy Company pour l’aider avec les affaires gouvernementales et publiques; cela a marqué le début de ma carrière dans le secteur de l’énergie. » [Traduction]  

    Son exposition à la pauvreté énergétique dans d’autres pays l’a amené à s’intéresser à la manière dont le Canada évitait en grande partie ce fléau. L’une des premières leçons fondamentales qu’il a retenues est que si un pays peut produire plus d’énergie qu’il n’en a besoin, il a beaucoup plus de chances de bénéficier des avantages de la sécurité énergétique. Au cours de son séjour à Calgary, cette évidence s’est imposée d’elle-même. « Nous possédons les sables bitumineux, comme aucun autre pays. J’avais l’habitude de demander à ma famille et à mes amis : si le gisement de sables bitumineux devait être situé dans un pays, où aimeriez-vous qu’il soit situé ailleurs qu’au Canada? Je pose toujours cette question. »  [Traduction]

    « L’une des premières leçons fondamentales qu’il a retenues est que si un pays peut produire plus d’énergie qu’il n’en a besoin, il a beaucoup plus de chances de bénéficier des avantages de la sécurité énergétique. »

    Et le fait de poser constamment des questions pour s’assurer de bien comprendre une situation contribue à l’évolution d’une carrière. « Alors que j’exerçais ma fonction de directeur général de l’Oil Sands Developers Group à Fort McMurray, on m’a pressenti pour devenir président de l’Association canadienne de l’hydroélectricité, dit-il. L’occasion de retourner à Ottawa et d’en apprendre davantage sur l’autre grand pilier énergétique essentiel du Canada était unique et passionnante – je pense toujours aux avantages énergétiques dont jouit le Canada et que d’autres n’ont tout simplement pas. Ils sont nombreux. Les sables bitumineux et nos forces en matière d’hydroélectricité sont uniques. Nous sommes également particulièrement bien positionnés dans les domaines du gaz naturel et de l’énergie nucléaire. Si nous avons échappé au piège de la pauvreté énergétique, c’est tout simplement parce que nous savons tout faire et que nous le faisons bien. » [Traduction] 

    À ce moment-là, Irving était déjà bien engagé dans une brillante carrière. Vint ensuite le Conseil canadien de l’énergie, où « j’ai eu la chance de promouvoir toutes les formes d’expertise canadienne en matière d’énergie au niveau national et international, explique-t-il. En collaboration avec Affaires mondiales Canada, nous avons transmis les messages positifs sur l’énergie que nous avions consolidés par l’intermédiaire des principales associations nationales du secteur de l’énergie du Canada à des publics intéressés à l’étranger : les États-Unis, la Pologne, les Émirats arabes unis, le Viêt Nam et l’Afrique du Sud. » [Traduction] Ils ont mis en relation de nombreuses entreprises canadiennes avec ces missions à l’étranger et les opportunités commerciales qu’elles ont créées.  

    Et, chose importante, il s’agissait aussi de s’engager auprès des Premières Nations. « Comme nous le faisons depuis 2000, nous récompensons la personnalité canadienne de l’année dans le domaine de l’énergie, explique M. Irving. Au cours de mon mandat au sein de l’organisation, j’ai eu la chance de participer à la sélection du chef Jim Boucher et, plus récemment, du chef Crystal Smith pour l’attribution de ce prix. Avec les volumes un et deux de notre publication, Indigenous Energy Across Canada, nous avons été en mesure d’élever et de célébrer le leadership croissant des premiers peuples dans le développement énergétique canadien, tant au pays qu’à l’étranger. Des leaders autochtones du secteur de l’énergie se sont joints au conseil d’administration du Conseil canadien de l’énergie pour la première fois au cours de mon mandat. Ce fut un privilège d’apprendre, de comprendre et de promouvoir leurs perspectives. » [Traduction]   

    Avec le départ à la retraite de M. Rahbar, l’ACIG était à la recherche d’un nouveau dirigeant – et Irving a été pressenti à ce sujet. Il a tout de suite été attiré par le projet. « J’ai eu la chance de découvrir les sables bitumineux en tant que directeur général de l’Oil Sands Developers Group, puis l’hydroélectricité en tant que président de l’Association canadienne de l’hydroélectricité » [traduction], explique-t-il. Alors, que s’est-il passé ensuite? 

    « J’ai eu une carrière diversifiée et enrichissante dans le secteur de l’énergie en amont, mais j’ai toujours eu l’impression qu’il me manquait une dimension importante, répond-il. Je comprends le point de vue des producteurs d’énergie, mais qu’en est-il du client? Dans ce rôle (à l’ACIG), j’ai la chance d’aborder l’énergie du point de vue de ceux qui la consomment et qui, de ce fait, soutiennent son développement réel. J’apporte une grande expérience à ce poste, mais j’apprécie également le fait qu’elle fera de moi un professionnel de l’énergie plus complet. J’ai vraiment la chance d’apprendre quels sont les besoins de mes membres, de les comprendre et d’y répondre. » [Traduction]   

    Malgré toutes ces considérations qui occupent l’ACIG, Irving trouve encore le temps de s’adonner à des activités plus relaxantes pour l’esprit. « J’aime faire du ski alpin en hiver et du ski nautique en été », confie-t-il. Et puis, il y a la famille, qui est très importante. « Nous avons deux filles en âge d’aller à l’université et deux fils en âge d’aller au secondaire, dit-il. J’aime m’efforcer de les aider à profiter d’opportunités identiques ou supérieures à celles qui m’ont été offertes par le passé. J’ai le sentiment qu’il fut un temps où ce n’était pas une chose remarquable à laquelle on pouvait aspirer et que cela ne méritait même pas d’être mentionné. Mais aujourd’hui, je pense que cela demande beaucoup plus de temps, d’efforts, de ressources et d’attention de la part d’un parent. C’est une bonne chose que j’aime vraiment mes enfants, presque autant que j’aime ma femme. » [Traduction] 

      

  • Une période de prospérité pour le gaz américain?

    Une période de prospérité pour le gaz américain?

    Quelques années à peine se sont écoulées depuis que les analystes prédisaient que la demande de gaz naturel américain atteindrait bientôt un pic et entamerait une longue dégringolade, alors que les objectifs climatiques ont stimulé la transition énergétique des États-Unis. Mais la hausse de la demande intérieure d’énergie électrique – en grande partie attribuable à la ruée vers la construction de nouveaux centres de données induite par l’intelligence artificielle (IA) – et une montée en puissance significative des capacités d’exportation de GNL pourraient faire de 2025 une nouvelle année record pour le gaz naturel, sauf perturbations découlant des politiques commerciales désastreuses.

    Il n’y a pas si longtemps, les perspectives de l’industrie du gaz naturel aux États-Unis semblaient si sombres qu’il était de bon ton pour les entreprises de distribution locales de se distancier de leurs origines dans les combustibles fossiles et de commencer à se rebaptiser « entreprises d’infrastructure énergétique ». 

    Même si les interdictions de nouveaux raccordements et les politiques d’électrification forcée qui se multipliaient à l’époque empêchaient les entreprises de proposer le combustible géologique à leurs clients, elles savaient que leurs réseaux de transport et de distribution seraient essentiels pour fournir les molécules énergétiques de la nouvelle ère, notamment le gaz naturel renouvelable et l’hydrogène. 

    Ne quittez pas la ligne : Et voilà que le gaz naturel semble à nouveau être la coqueluche des États-Unis, si ce n’est pour les défenseurs du climat, du moins pour les entreprises et des industries qui comptent sur les abondantes réserves nationales de ce combustible pour répondre aux nouveaux besoins en énergie et continuer à alimenter l’économie américaine. 

    Au sortir d’une année record pour la consommation de gaz naturel aux États-Unis en 2024, la trajectoire ascendante s’est poursuivie en 2025, la United States Energy Information Agency (agence américaine d’information sur l’énergie) prévoyant à la mi-mars que la consommation atteindra un nouveau record de 92,0 milliards de pieds cubes par jour (Gpi³/j) cette année. 

    « Après une année record pour la consommation de gaz naturel aux États-Unis en 2024, la trajectoire ascendante s’est poursuivie en 2025… » 

    Bien entendu, cette estimation ne prévoyait probablement pas l’impact des manigances commerciales actuelles du président Donald Trump, qui, à la mi-avril, ont ébranlé les marchés financiers, poussé des alliés fidèles comme le Canada à se demander ce qu’il était advenu de leur vieil ami fiable et fait grimper en flèche les risques de récession. 

    À long terme, cependant, deux tendances puissantes soutiennent les fortunes croissantes de l’industrie du gaz naturel aux États-Unis : l’appétit des Américains pour l’énergie électrique augmente soudainement pour la première fois depuis des décennies, et la demande mondiale de GNL américain continue d’augmenter au moment même où les nouvelles infrastructures nécessaires pour desservir le marché de l’exportation sont mises en service. 

    Ces tendances, associées à l’un des hivers les plus froids depuis plusieurs années, ont poussé les prix de référence du gaz naturel à dépasser la barre des 4 $/MMBTU à la fin du mois de mars, comparativement à moins de 2 $ l’année dernière, ce qui a incité les analystes à prévoir une augmentation des investissements dans la production de gaz et dans les infrastructures pour desservir les marchés nationaux et d’exportation. 

    « La croissance structurelle se produit ici »

    En janvier, le secteur américain de l’électricité a établi un nouveau record mensuel de demande de gaz pour un mois d’hiver et, le même mois, la demande industrielle a atteint le niveau le plus élevé jamais enregistré depuis 2005, selon Richard Meyer, vice-président des marchés de l’énergie, de l’analyse et des normes à l’American Gas Association (AGA).   

    « Le chiffre de l’industrie est très intéressant parce qu’il ne dépend pas seulement de la demande de chauffage, mais aussi par des facteurs économiques et structurels, a déclaré M. Meyer. Le fait qu’il atteigne un niveau record alors que le mois de janvier a été très froid, mais pas le plus froid jamais enregistré, est très révélateur d’une certaine croissance structurelle. » [Traduction] 

    M. Meyer ne doute pas qu’une partie de cette croissance structurelle est attribuable aux investissements dans l’industrie manufacturière américaine, stimulés par les mesures d’incitation de la CHIPS and Science Act (loi sur les puces et l’innovation scientifique) et de l’Inflation Reduction Act (loi sur la réduction de l’inflation) de l’ère Biden, qui ont stimulé la demande de gaz naturel à la fois pour la production d’électricité et pour son utilisation directe dans la production. 

    De plus, l’augmentation des délocalisations à proximité (raccourcissement des chaînes d’approvisionnement mondiales en déplaçant les opérations de fabrication et d’assemblage de sites éloignés vers le Mexique afin de réduire l’exposition aux risques géopolitiques et aux vulnérabilités mises en évidence pendant la pandémie) stimule également la demande de gaz naturel américain au Mexique. 

    Les exportations de gaz naturel des États-Unis vers le Mexique devraient augmenter de près de 40 %, passant de 6,5 Gpi³/j à 9 Gpi³/j d’ici à la fin de la décennie, les délocalisations à proximité représentant environ un tiers de cette croissance, selon Patrick Rau, vice-président principal de la recherche et de l’analyse pour la publication de l’industrie Natural Gas Intelligence (NGI). 

    Emboiter le pas à l’IA et au boom des centres de données

    Cependant, ce qui va changer la donne pour le gaz naturel américain dans un avenir proche, c’est l’appétit vorace des Américains pour l’énergie électrique, dont la consommation devrait augmenter de 50 % d’ici 2050 après être restée pratiquement stable pendant la majeure partie des 25 dernières années. Les experts estiment que la capacité de production des États-Unis devra doubler d’ici 2035 pour répondre aux besoins.

    En plus des changements structurels de la demande susmentionnés, une partie de cette croissance résultera des politiques d’électrification – une stratégie clé préconisée par les défenseurs du climat pour remplacer l’utilisation directe du gaz naturel dans diverses applications par de l’électricité produite à partir de sources d’énergie moins émettrices, telles que les énergies renouvelables. 

    Toutefois, le principal moteur de la croissance à court terme – l’intelligence artificielle ou l’IA – n’était même pas sur le radar il y a seulement quelques années. Aujourd’hui, la demande d’électricité des géants américains de la technologie explose, car ils construisent de nouveaux centres de données pour gérer les énormes besoins de calcul des programmes basés sur l’IA. 

    Certains experts prévoient un taux de croissance annuel de 15 % de la consommation d’électricité par les centres de données jusqu’en 2030 et estiment que ces centres pourraient représenter 5 % de la consommation mondiale totale d’électricité d’ici la fin de la décennie. 

    Un rapport de la Bank of America Securities publié début mars prévoit que les dépenses d’investissement pour les centres de données à très grande échelle – centres de données massifs construits par les géants de la technologie comme Microsoft, Google Alphabet, Nvidia, Meta, Amazon et Tesla pour former des modèles d’intelligence artificielle – augmenteront de 34 % d’une année à l’autre pour atteindre 257 milliards de dollars en 2025.  

    On ne s’entend pas vraiment sur la mesure dans laquelle les besoins en électricité des centres de données pourraient ajouter à la demande de gaz naturel, les estimations allant de 1 Gpi³/j d’ici la fin de 2030 à 18 Gpi³/j. M. Rau de NGI estime que la médiane se situe autour de 4,5 Gpi3/j, ajoutant qu’elle pourrait être « un peu optimiste selon la façon dont un certain nombre de facteurs différents se manifestent » [traduction]. 

    Les inconnues comprennent la rapidité avec laquelle les développeurs d’IA peuvent suivre l’exemple de DeepSeek en trouvant des moyens moins énergivores de former les modèles utilisés par les outils d’IA générative tels que ChatGPT et à quel point les problèmes de chaîne d’approvisionnement, tels que les pénuries de turbines, limiteront la capacité de l’industrie du gaz naturel à saisir les opportunités. 

    En voici un exemple : NRG Energy, GE Vernova et Kiewit ont annoncé fin février leur intention de construire des centrales à cycle combiné au gaz naturel qui auront une capacité totale de plus de 5 gigawatts afin d’alimenter les centres de données, avec une mise en service progressive de la nouvelle capacité entre 2029 et 2032. « Cela vous indique qu’il y a un long délai de mise en œuvre » [traduction] a déclaré M. Rau. 

    Pourtant, le gaz naturel est dans une position enviable pour profiter du développement des centres de données. Tous les grands acteurs de la technologie ont des objectifs de carboneutralité et préféreraient ne pas utiliser de gaz naturel pour faire fonctionner leurs centres de données, mais ni les énergies renouvelables intermittentes, ni le nucléaire, dont les délais d’attente sont encore plus longs, ne peuvent répondre à tous leurs besoins. 

    « Avec l’IA, l’idée est que ces nouveaux centres de données devront fonctionner 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et donc qu’ils devront être en mesure, en charge de base, de fonctionner tout le temps à pleine capacité, a déclaré M. Rau. Le gaz naturel semble vraiment cocher toutes les cases de ce que les gens veulent et de ce dont ils ont besoin. » [Traduction] 

    La capacité à répondre à ce type d’exigences particulières en matière d’alimentation – non seulement pour les centres de données mais aussi pour d’autres applications essentielles – est l’une des raisons pour lesquelles le gaz naturel utilisé dans la production d’électricité a augmenté de 3,3 % en 2024 et représente toujours 43 % du bouquet énergétique global pour la production d’électricité aux États-Unis, selon l’EIA. 

    Bien que l’impact futur reste flou, une chose est claire : l’adoption des technologies fondées sur l’IA croît à un rythme exponentiel. Selon OpenAI, ChatGPT est passé de zéro lors de son introduction en novembre 2022 à 400 millions d’utilisateurs actifs hebdomadaires en février. 

    Et il n’en est encore qu’à ses débuts. Les modèles émergents d’« intelligence artificielle agentique » promettent une véritable automatisation de toutes sortes de processus commerciaux et industriels, de la renégociation de contrats à la robotique intelligente capable de penser et de prendre des décisions de manière autonome. Même dans l’hypothèse de modèles plus économes en énergie, l’IA aura besoin de beaucoup de puissance. 

    « L’adoption des technologies fondées sur l’IA croît à un rythme exponentiel »

    Ouvrir le robinet de GNL

    Les perspectives d’une nouvelle année record pour le gaz naturel ont été renforcées par la mise en place rapide de l’infrastructure d’exportation de GNL aux États-Unis et, avec l’évolution du paysage politique à Washington, par une opinion franchement favorable au gaz naturel et à l’infrastructure gazière, ainsi que par la réduction des obstacles règlementaires susceptibles de retarder les projets. 

    Les nouvelles installations d’exportation de GNL qui devraient être mises en service cette année devraient accroître la demande de gaz d’alimentation d’environ 3 Gpi³/j, ce qui représenterait une augmentation de près de 25 % par rapport aux volumes de 2024, selon M. Rau de NGI. À la mi-mars, la demande de gaz d’alimentation s’élevait en moyenne à plus de 15 Gpi³/j, avec des flux approchant les 17 Gpi³/j le 21 mars. 

    Ces projets comprennent l’installation de GNL Plaquemines 2 de Venture Global, qui devrait commencer à expédier du GNL en septembre, neuf mois après avoir expédié sa première cargaison de Plaquemines 1. En mars, Venture Global a annoncé son intention d’augmenter la capacité de Plaquemines de 27 millions de tonnes par an (mtpa) à 45 mtpa. 

    Cheniere Energy devrait également démarrer la première phase de son installation d’expansion Corpus Christi Stage 3 au Texas cette année, et Exxon a signalé dans un rapport règlementaire plus tôt cette année que son projet Golden Pass GNL, une coentreprise avec Qatar Energy, reste sur la bonne voie pour expédier du gaz avant la fin de 2025. 

    Grâce à des clauses de destination flexibles qui leur permettent d’envoyer des cargaisons là où elles rapporteront le prix le plus élevé, les exportateurs américains sont bien placés pour tirer parti de la demande mondiale de GNL, a déclaré M. Rau, notant que la demande reste forte alors que l’Europe continue d’éviter le gaz russe et de reconstituer des stocks épuisés après un hiver rigoureux. 

    Signal d’alarme concernant les perspectives du nuage commercial

    La forte demande intérieure et à l’exportation et les faibles niveaux de gaz naturel en stock se conjuguent pour faire monter les prix, et la hausse des prix indique aux producteurs de gaz naturel qu’il est temps d’augmenter la production afin d’aligner l’offre et la demande. 

    L’EIA a révisé ses perspectives de prix pour 2025 à la mi-mars à une moyenne de 4,20 $/MMBTU pour l’année – en hausse de 11 % par rapport à février – et a estimé les prix au comptant du Henry Hub pour 2026 à une moyenne « près de 4,50 $/MMBTU », selon le rapport Short-Term Energy Outlook de l’agence publié le 11 mars. Ce chiffre est conforme à la courbe à terme 2026 Henry Hub de Natural Gas Intelligence de 4,45 $/MMBTU publiée le même jour. 

    Dès le mois de février, ces prix avaient déjà transformé les perspectives stables ou négatives concernant la production de gaz aux États-Unis en 2025 en attentes d’une augmentation significative. M. Rau de NGI a commencé à entendre parler en février des plans des producteurs d’ajouter des appareils de forage et des équipes de fracturation, et prévoit une croissance du gaz de plus de 3 % cette année et de près de 5 % en 2026. 

    « Il y a une énorme quantité de gaz qui se libère une fois que vous dépassez les 3,50 $ US et que vous atteignez les 5,00 $ US », a déclaré M. Meyer de l’AGA, en faisant référence à la fourchette des cours à terme du Henry Hub. « Je ne suis pas surpris que les exploitants réagissent. Maintenant, nous allons voir à quelle vitesse il arrive sur le marché et à quels volumes. » [Traduction] 

    Bien que tous les indicateurs pointent vers une nouvelle année record pour le gaz naturel, des perturbations résultant de conflits commerciaux entre les États-Unis et leurs partenaires pourraient faire dérailler les prévisions, même si, au moment où nous écrivons ces lignes, fin mars, il n’est pas encore certain que les échanges de menaces tarifaires se transforment en une véritable guerre commerciale. 

    M. Rau a minimisé l’impact à court terme sur le marché américain du gaz naturel des frictions commerciales avec les plus grands associés commerciaux des États-Unis. Le Canada ne comble que 7 % des besoins en gaz des États-Unis et le Mexique reçoit 70 % de son gaz naturel des États-Unis; il est donc peu probable que le gaz soit un pion dans une querelle commerciale avec le voisin du sud des États-Unis.  

    Sa plus grande préoccupation est une guerre commerciale prolongée qui déclenche une récession mondiale et réduit la demande de gaz naturel dans le pays et à l’étranger. À la mi-avril, les économistes estimaient à 47 % la probabilité d’une récession aux États-Unis cette année, soit environ le double des estimations de février, en grande partie à cause de l’érosion de la confiance des entreprises et des consommateurs résultant des politiques commerciales erratiques du président Trump. 

    L’industrie américaine du gaz naturel – comme sans doute son homologue canadienne – ne peut qu’espérer que des voix plus modérées l’emportent et que le monde puisse éviter une économie mondiale alourdie par des droits de douane et des contre-tarifs. Il n’y aura pas de gagnant dans ce scénario. 

  • Le gaz naturel répond aux besoins d’un hiver froid

    Le gaz naturel répond aux besoins d’un hiver froid

    Le printemps a commencé et, bien qu’il puisse encore y avoir une tempête de neige occasionnelle dans certaines parties du pays, la majeure partie du temps froid est probablement derrière nous. Alors que les fournaises commencent à s’éteindre, ce numéro de Faits et développements revient sur l’hiver dernier et sur le rôle considérable que le gaz naturel a joué dans le chauffage des habitations et des entreprises au Canada.

    L’hiver 2024-2025 a été l’un des plus froids des dernières années. La saison de chauffage a commencé par une grosse tempête hivernale qui a frappé la majeure partie du Canada et des États-Unis, entraînant une demande de gaz naturel record dans les 48 États américains qui se trouvent dans la partie centrale de l’Amérique du Nord. En moyenne, les températures au pays sont restées inférieures à la normale pendant le reste de l’hiver, en particulier par rapport aux deux saisons hivernales précédentes. 

    Les degrés-jours de chauffage (DJC) sont un moyen de mesurer la « froideur » d’une saison. Les DJC sont définis comme la différence entre la température quotidienne de l’air extérieur et une température de référence de 15 °C, point à partir duquel un apport d’énergie est nécessaire pour maintenir la température de l’air intérieur. Plus les DJC sont élevés, plus il faut d’énergie pour chauffer un bâtiment. Le graphique ci-dessous présente la moyenne des degrés-jours de chauffage au Canada au cours des trois dernières saisons de chauffage, soit d’octobre à mars. D’octobre 2024 à mars 2025, les besoins en chauffage au Canada étaient supérieurs de 2 % à ceux de la saison 2022-2023 et de près de 10 % à ceux de la saison 2023-2024. 

    Cet hiver plus froid que d’habitude a entraîné une augmentation de la demande d’énergie dans les bâtiments cette année par rapport aux deux années précédentes. Or, aucune source d’énergie n’est plus utilisée par les ménages canadiens que le gaz naturel. Celui-ci représente 46 % de toute l’énergie utilisée dans le secteur du bâtiment. Près de 7,7 millions de clients du gaz naturel dans tout le pays – soit près de 50 % des quelque 15,5 millions de ménages – utilisent le gaz naturel comme principale source d’énergie pour le chauffage domestique. Ce pourcentage est encore plus élevé dans les provinces de l’Ontario (71 %), de la Saskatchewan (80 %) et de l’Alberta (84 %). 

    Entre décembre 2024 et février 2025, un total de 14,7 milliards de mètres cubes de gaz naturel a été consommé dans les secteurs résidentiel et commercial, ce qui équivaut à une augmentation de 3 % et de 13 % par rapport aux saisons d’hiver 2022-2023 et 2023-2024 respectivement. En règle générale, le gaz naturel consommé au cours des trois mois d’hiver représente environ 50 % du gaz naturel consommé dans les secteurs résidentiel et commercial au cours d’une année civile typique. Ce modèle de consommation saisonnière souligne l’importance du gaz naturel pendant les mois les plus froids. 

    La pointe saisonnière observée dans le réseau de gaz naturel souligne encore davantage son importance dans le système énergétique du Canada. Pour mettre les choses en perspective, la demande quotidienne de gaz naturel dans les secteurs résidentiel et commercial était de 6,3 millions de GJ, soit environ 73 000 MW. À titre de comparaison, la demande totale d’électricité dans les deux mêmes secteurs cet hiver n’était que de 33 000 MW. Cette comparaison met en évidence l’importante capacité de distribution du réseau de gaz naturel et sa capacité supérieure à répondre à la demande, en particulier pendant les périodes de demande pointe ou de mauvais temps. Il est essentiel de comprendre ces tendances de consommation lorsque l’on discute de l’avenir de nos filières énergétiques. 

  • Message du président et chef de la direction de l’ACG

    Message du président et chef de la direction de l’ACG

    Les récentes élections fédérales ont placé la sécurité énergétique sous les projecteurs, et à juste titre. L’incertitude mondiale et l’évolution de la dynamique géopolitique expliquent le fait que l’accès à une énergie fiable, abordable et acceptable est plus important que jamais, tant à l’échelle nationale qu’internationale. 

    Il ne fait aucun doute que notre nouveau gouvernement reconnaît l’attente croissante pour que le Canada devienne un chef de file en matière d’énergie et l’opportunité à saisir à cet égard – le terme de superpuissance a d’ailleurs été largement utilisé pendant la campagne. 

    Le Canada fait déjà partie du réseau gazier intégré nord-américain, soit l’un des réseaux de gaz naturel les plus sûrs au monde, et le gaz naturel reste le combustible de choix pour chauffer les maisons, soutenir l’industrie et alimenter les bâtiments commerciaux sur tout le continent. Pourquoi? Parce qu’il fonctionne et qu’il offre un avantage éprouvé sur les plans de l’accessibilité et de la fiabilité. Or, une opportunité majeure s’offre maintenant au Canada pour qu’il en fasse plus en matière d’énergie gazière. En alignant correctement nos politiques, nous pouvons profiter encore plus de notre position avantageuse en ce qui a trait au gaz naturel, soit en élargissant son accessibilité, en stimulant la compétitivité et en générant une croissance économique créatrice d’emplois. 

    Le présent numéro d’ÉNERGIE traite des possibilités qui s’offrent à nous. Nous examinons les forces politiques, économiques et technologiques qui façonneront l’avenir énergétique du Canada – et ce qu’il faudra faire pour ne pas se laisser distancer. 

    Nous commençons par un article suscitant la réflexion, qui réunit des commentateurs politiques de tous horizons – conservateurs, libéraux et néo-démocrates – pour répondre à une question cruciale : « Comment le Canada peut-il tirer parti de son avantage énergétique, en particulier du gaz naturel, pour se positionner en tant que partenaire clé de la sécurité énergétique nord-américaine? ». Leurs réflexions mettent en lumière les opportunités et les tensions qui se manifestent dans l’environnement politique d’aujourd’hui. 

    Nous tournons ensuite notre regard vers le sud de la frontière dans l’article intitulé « Une période de prospérité pour le gaz américain? ». Alors qu’on la croyait sur le déclin, la demande de gaz naturel aux États-Unis augmente rapidement, stimulée par la croissance des centres de données alimentée par l’intelligence artificielle (IA) et par une hausse historique de la capacité d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL). Cela nous rappelle à quel point les marchés évoluent rapidement et pourquoi le Canada ne peut pas se permettre de rester inactif. 

    Sur le plan national, notre rubrique « Faits et développements » porte sur les façons dont le gaz naturel a une fois de plus répondu aux besoins au cours d’un hiver canadien difficile. D’un océan à l’autre, nos réseaux ont gardé les foyers au chaud et les entreprises en activité, ce qui mérite réflexion alors que le débat sur l’énergie continue d’évoluer. 

    L’innovation est également à l’honneur. Dans l’article « Pompes à chaleur au gaz : pour améliorer l’efficacité énergétique en matière de chauffage et de climatisation », on se penche de plus près sur une technologie prometteuse qui allie efficacité et performance dans les climats froids. 

    En ce qui concerne l’industrie mondiale, nous vous proposons un entretien entre Andrea Stegher, conseiller principal de SNAM et – à compter de la fin juin 2025 – nouveau président de l’Union internationale du gaz, et Paul Cheliak, vice-président, stratégie et approvisionnement en gaz, à l’Association canadienne du gaz. Ensemble, ils discutent des tendances énergétiques mondiales, de la stratégie de résilience de l’Italie et de l’évolution du rôle du Canada sur le marché du gaz naturel. 

    Enfin, dans notre profil de l’industrie, nous vous présentons « Un champion de l’énergie : Jacob Irving », le nouveau président de l’Association des consommateurs industriels de gaz. Fort d’une solide expérience à la tête de certaines des plus importantes organisations énergétiques du pays, M. Irving apporte à la fois sa perspicacité et son énergie à un secteur qui est à la base de la force manufacturière et industrielle du Canada. 

    Peu importe votre point de vue dans le débat sur l’énergie – décideur, chef d’entreprise, client – nous espérons que ce numéro vous apportera des renseignements utiles et une perspective nouvelle sur le chemin à parcourir.