Issue Category : Numéro 1, 2022

  • Les exploitants américains sont-ils plus à l’abri des cybermenaces après la cyberattaque de Colonial Pipeline? Peut-être.

    Les exploitants américains sont-ils plus à l’abri des cybermenaces après la cyberattaque de Colonial Pipeline? Peut-être.

    Depuis que des pirates informatiques russes ont entraîné la fermeture d’un important pipeline de carburants liquides, les services publics de gaz et les exploitants de pipelines américains se sont davantage concentrés sur la mise en place de moyens de défense contre les cybermenaces, mais la conformité aux directives de sécurité fédérales est devenue une distraction gênante.

    Quelques semaines avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février, le groupe d’experts en cybersécurité Cisco Talos Intelligence Group avait déjà lancé des mises en garde au sujet des cyberattaques menées par des acteurs malveillants aux États-Unis et ailleurs en vue d’éroder le soutien à l’Ukraine. Talos prédisait alors que les cyberattaques viseraient probablement les infrastructures critiques dans le but de créer des perturbations graves, mais dont on peut se remettre assez facilement.

    Cela éveillait un sentiment de déjà vu. En effet, les pirates russes à l’origine de l’attaque par rançongiciel de Colonial Pipeline en mai 2021 avaient alors ciblé les systèmes d’entreprise de l’exploitant, tout en laissant les systèmes opérationnels intacts. Ils ont pourtant forcé Colonial Pipeline à fermer un important réseau de livraison d’essence, de carburéacteur et de diesel sur la côte Est et à payer une rançon de quatre millions de dollars en cryptomonnaie.

    Près d’un an plus tard, les exploitants américains de pétrole et de gaz naturel sont-ils mieux équipés pour se défendre contre de telles attaques de la part de divers cybercriminels indépendants ou commandités par un État? Peut-être, mais certains représentants de l’industrie s’inquiètent du fait que de nombreux exploitants ont dû rediriger leur attention vers le respect des nouvelles directives fédérales en matière de sécurité plutôt que de renforcer réellement leurs cyberdéfenses.

    La cyberattaque de Colonial Pipeline a certainement attiré l’attention des dirigeants de l’industrie gazière et a contribué à redéfinir les priorités en matière de cybersécurité pour certains. Peu après l’incident de mai, la Transportation Security Administration (TSA) a publié deux directives de sécurité destinées à fortifier une centaine de réseaux de pipelines critiques désignés par la TSA pour contrer les rançongiciels, les logiciels malveillants et autres menaces.

    Les deux directives comptent plusieurs exigences. La première oblige les exploitants de ces réseaux à désigner un coordonnateur de la cybersécurité à titre de personne-ressource pour la TSA. Cette personne sera responsable de signaler les incidents de cybersécurité à la Cybersecurity and Infrastructure Security Agency (agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures) du Department of Homeland Security (département de la Sécurité intérieure) des États-Unis. La deuxième directive, plus épineuse, oblige les exploitants à prendre des mesures d’atténuation précises pour se protéger contre les cybermenaces, ainsi qu’à élaborer et à mettre en oeuvre des plans d’urgence et des mesures d’atténuation des effets.

    « Sommes-nous plus protégés? Je ne vais pas dire que nous ne le sommes pas, a déclaré Kimberly Denbow, gestionnaire de la sécurité et des opérations pour l’American Gas Association (AGA), qui représente plus de 200 entreprises énergétiques. Je dirai donc que oui, en un mot, nous sommes davantage protégés, mais en même temps, nous sommes distraits par la conformité. » [Traduction]

    Mme Denbow a indiqué que lors d’un récent appel avec David Pekoske, administrateur de la TSA, un président-directeur général du secteur du gaz naturel avait expliqué à l’organisme de réglementation comment les directives de sécurité avaient forcé son entreprise à « ajouter beaucoup plus de personnel cybernétique, non pas parce qu’ils avaient un mauvais programme cybernétique, mais pour pouvoir être conforme en cochant les cases qui doivent être cochées. » [Traduction]

    Renforcer les capacités d’alerte en cas de menaces

    Pour sa part, l’AGA a fait des progrès l’année dernière en améliorant les capacités du Downstream Natural Gas Information Sharing and Analysis Center (DNG-ISAC), le premier système d’alerte de l’industrie en cas de menaces physiques ou cybernétiques. Le système dessert les membres de l’AGA, l’Association canadienne du gaz (ACG) et les exploitants de gazoducs représentés par l’Interstate National Gas Association of America (INGAA).

    L’AGA a amélioré la plateforme du DNG-ISAC en 2021 pour la rendre plus sûre et plus conviviale, avec une application mobile et de meilleures capacités de notifications poussées au sujet des menaces et des possibilités de soumission d’information. La plateforme a publié 1 200 alertes l’année dernière, ce qui comprenait des renseignements sur des centaines de cybermenaces, de vulnérabilités potentielles et de cyberintrusions réelles présentant un intérêt pour les exploitants de pipelines.

    David McConkey, directeur des opérations de sûreté et de sécurité à l’Association canadienne du gaz, a déclaré que le DNG-ISAC est un complément important au Programme de la flamme bleue, un système de diffusion d’information et d’analyse sur les menaces en temps quasi réel mis en place par l’ACG l’an dernier en partenariat avec le Centre canadien pour la cybersécurité (Centre pour la cybersécurité).

    L’ACG a contribué à faciliter l’étroite relation de travail qui existe maintenant entre le DNGISAC, le Centre pour la cybersécurité et d’autres organismes du côté canadien, « de sorte qu’ils ont un flux d’information vraiment sain et actif, ce qui profite à nos membres parce que l’information provenant du DNG-ISAC a également une saveur canadienne » [traduction], a déclaré M. McConkey.

    Le système d’alerte en cas de menaces n’est qu’un des domaines où la collaboration transfrontalière renforce les cyberdéfenses. Cet automne, l’AGA pilotera son premier événement NGX, un exercice de planification de la cybersécurité qui comptera des participants américains et canadiens des services publics de gaz naturel, des pipelines de transmission et du gouvernement. Il s’agira d’une version à plus petite échelle du GridEx, un exercice de planification qui a vu le jour dans le secteur de l’électricité, mais qui inclut désormais les exploitants de gaz. Le plan de Mme Denbow consiste à faire évoluer le NGX au fil du temps.

    Programme de la flamme blue - Architecture
    « Le Programme de la flamme bleue de l’ACG ajoute une capacité opérationnelle afin de réduire les cyberrisques pour l’industrie du gaz ».

    Les cybervulnérabilités devraient-elles être vues sous un nouvel angle?

    Les préoccupations en matière de cybersécurité ont tendance à porter sur le sac d’astuces que les acteurs étrangers malveillants et les « cyberactivistes » nationaux peuvent utiliser pour ravager les infrastructures critiques dans la poursuite de leur projet. Toutefois, les représentants de l’industrie américaine affirment que l’impact potentiel de l’électrification totale du réseau énergétique sur la cybersécurité devrait susciter plus d’attention.

    Selon eux, le passage au tout-électrique ne rendra pas seulement le réseau énergétique global moins résilient pour ce qui est des menaces physiques (p. ex. les phénomènes météorologiques violents ou les attaques d’activistes), mais pourrait également simplifier les règles du jeu pour ceux qui planifient des cyber-chaos.

    Le réseau électrique est déjà mis à rude épreuve. En effet, selon une analyse du Wall Street Journal publiée en début d’année, 182 perturbations majeures du réseau ont été enregistrées en 2020, comparativement à moins de deux douzaines en 2000. Les coupables sont l’âge du réseau de transmission américain, la vulnérabilité inhérente d’un système de transmission en surface, et les caprices de l’éolien et du solaire.

    « Tout est lié au fait d’avoir de l’électricité, mais nous ne nous concentrons pas sur la fiabilité du réseau. C’est absurde et effrayant, a déclaré Curt Morgan, président-directeur général du grossiste en électricité Vistra Corp., au Wall Street Journal en février. Il y a un tel élan émotionnel, que je comprends, pour atteindre nos objectifs en matière de changements climatiques. Toutefois, nous ne pouvons pas rejeter l’idée d’avoir un réseau fiable. » [Traduction]

    Power Lines Across Ripening Wheat

    Mme Denbow de l’AGA a établi un lien entre l’électrification totale et l’accroissement des risques pour la cybersécurité lors d’une récente réunion de la National Association of Regulatory Utility Commissioners (NARUC). Mme Denbow avait alors lancé une mise en garde contre la poursuite de politiques qui atténuent la résilience du réseau en « mettant tous nos oeufs énergétiques dans le même panier » [traduction] et en ignorant leur impact sur le paysage de la cybersécurité.

    « La politique énergétique continue d’être élaborée en vase clos, a déclaré Mme Denbow. La cybersécurité devient une considération secondaire. On demande aux exploitants : qu’en est-il de la cybersécurité? Je réponds : qu’en est-il de la politique énergétique qui a accru notre cybervulnérabilité? » [Traduction]

    Comme tant d’autres aspects du débat sur l’électrification totale (p. ex. son impact sur les changements climatiques, la résilience et l’accessibilité financière), on se demande ce que l’on perd en n’incluant pas le gaz naturel dans la solution.

    « Je pense que le message est que le secteur du gaz naturel fait beaucoup, que nous prenons les choses bien en main, que nous sommes un grand atout du point de vue de la sécurité physique et de la cybersécurité et que nous faisons preuve de leadership dans de nombreux domaines, a déclaré M. McConkey, de l’ACG. En mettant notre industrie à l’écart, vous perdez un atout à de très nombreux égards. » [Traduction]

    « Comme tant d’autres aspects du débat sur l’électrification totale (p. ex. son impact sur les changements climatiques, la résilience et l’accessibilité financière), on se demande ce que l’on perd en n’incluant pas le gaz naturel dans la solution ».

    Toujours à peaufiner

    L’AGA et ses entreprises membres travaillent avec la TSA depuis le mois de juillet pour traiter des aspects des directives de sécurité à « taille unique » qui ont créé des problèmes pour les exploitants; par exemple, les exigences d’authentification multifactorielle qui ne sont pas compatibles avec les systèmes de contrôle et les divers composants utilisés actuellement.

    Les problèmes persistent et de nouvelles vulnérabilités font leur apparition dans le processus. En février, la TSA a demandé aux exploitants de pipelines désignés de lui soumettre par voie électronique leurs plans d’intervention en cas d’incident de cybersécurité — une demande qui a suscité de grandes inquiétudes chez les exploitants.

    « La TSA a rassemblé tous ces plans sensibles dans une seule base de données, a déclaré Mme Denbow. Dans un environnement de menaces où nous nous inquiétons de voir des États-nations compromettre nos réseaux, le stockage de tous ces plans d’intervention en un seul endroit ne rassure pas les exploitants, quelles que soient les assurances en matière de sécurité fournies par le gouvernement. » [Traduction]

    À peu près au moment où la deuxième directive de la TSA a été publiée en juillet dernier, les fonctionnaires fédéraux ont simultanément publié des documents précédemment classifiés révélant qu’une campagne chinoise de « harponnage » avait réussi à nuire à 13 des 23 exploitants de gazoducs américains entre 2010 et 2013, ce qui aurait pu permettre aux pirates de prendre le contrôle des opérations du gazoduc.

    Ces révélations, qui se sont ajoutées à l’incident de Colonial Pipelines et aux directives de la TSA qui ont suivi, ont sans doute eu une influence salutaire sur les exploitants pétroliers et gaziers qui tardaient à renforcer leur cybersécurité, mais ceux-ci étaient probablement déjà en minorité.

    « Pour la majorité des entreprises visées par les directives de sécurité, la cybersécurité constitue une priorité depuis longtemps, a déclaré Mme Denbow. Pour celles qui n’avaient peut-être pas encore accordé à la cybersécurité l’intérêt que celle-ci devrait susciter, il est certain que ces entreprises s’intéressent davantage à ce sujet maintenant. » [Traduction]

    David Coburn est un penseur stratégique, un écrivain, un expert en relations avec les médias et un consultant en communication qui s’appuie sur plus de 30 ans d’expérience en journalisme imprimé et en relations publiques d’agences.

  • Nominés pour les jeunes leaders d’entreprise de l’année 2021 de CGA

    Nominés pour les jeunes leaders d’entreprise de l’année 2021 de CGA

    L’Association canadienne du gaz dispose depuis longtemps d’un programme de prix visant à reconnaître le leadership et l’engagement de ses membres en matière de sécurité et d’innovation. En 2022, l’ACG a amélioré ce programme pour honorer le travail de ses membres dans des domaines tels que le service à la clientèle et l’intendance environnementale.

    Une autre nouvelle catégorie de prix est axée sur les jeunes leaders d’entreprise de l’industrie. Dans ce numéro du magazine ÉNERGIE, nous avons interviewé les cinq candidats de ce prix pour connaître leur point de vue sur le travail dans l’industrie du gaz naturel et sur ce que l’avenir réserve au secteur.

    Les candidats du Prix des jeunes leaders d’entreprise de l’année 2021 de CGA sont les suivants :


    Alireza Kohandehghan

    Alireza Kohandehghan, Pacific Norther Gas

    Alireza Kohandehghan est ingénieur chargé de l’intégrité des actifs chez Pacific Northern Gas Ltd. (PNG). Il possède une vaste expérience des processus de gestion de l’intégrité des pipelines et des installations, des évaluations techniques, des évaluations des risques et de la probabilité de défaillance, des évaluations de la durée de vie restante, des évaluations de la soudure et de la métallurgie, de l’analyse des contraintes, ainsi que de la simulation et de la modélisation. Il est un membre actif de plusieurs instances et groupes de travail de l’industrie. Alireza s’efforce toujours de faire partager les connaissances au sein de l’industrie, de promouvoir une culture de l’excellence et de favoriser la réflexion stratégique. Il a fait preuve d’initiative en relevant des défis, en résolvant des problèmes, en développant des systèmes, des processus et des procédures, et en lançant des idées pour provoquer une réflexion critique. L’arrivée d’Alireza au sein de l’organisation de PNG a considérablement accéléré la compréhension et la gestion globales de l’intégrité des réseaux de pipelines et des installations et a rapidement positionné PNG pour être un futur leader dans la sphère de la gestion de l’intégrité au sein des entreprises membres de l’ACG.

    1. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous joindre au secteur de l’énergie?

    Les changements et les défis constants dans le secteur de l’énergie se présentent comme des occasions enrichissantes pour des développements de pointe qui ont des impacts positifs directs sur nos vies à tous. Ces éléments m’ont motivé à faire partie de la solution à la demande croissante d’une énergie plus écologique et plus durable et d’un approvisionnement énergétique plus fiable dans le monde.

    2. Qu’est-ce qui vous enthousiasme le plus quant à l’avenir de l’industrie du gaz naturel au Canada?

    Ce qui m’enthousiasme le plus au sujet de l’avenir de l’industrie du gaz naturel au Canada est l’un des plus grands défis émergents auxquels le monde et le Canada devront faire face au cours des prochaines décennies. Il s’agit notamment d’assurer un approvisionnement énergétique durable et fiable pour une population croissante, de gérer l’approvisionnement énergétique fiable par le biais d’une infrastructure vieillissante, et de développer et d’utiliser de nouvelles stratégies efficaces de réduction du carbone. Cette énergie se présentera sous la forme de gaz naturel liquéfié (GNL) et de divers mélanges de gaz naturel et d’hydrogène.

    3. À votre avis, comment voyez-vous l’évolution du rôle de l’infrastructure du gaz naturel au cours des 30 prochaines années?

    D’après les études de modélisation de l’approvisionnement énergétique réalisées, on prévoit que le gaz naturel sera la principale source d’énergie en Amérique du Nord au cours des 30 prochaines années. Au cours de cette période et au-delà, le remplacement du gaz naturel par des combustibles gazeux à zéro carbone nécessitera toujours une infrastructure similaire aux réseaux de gaz naturel existants pour une distribution efficace aux marchés et aux utilisateurs finaux. L’infrastructure du gaz naturel jouera un rôle immense dans cette transition énergétique. Cela souligne l’importance de la gestion de l’intégrité et de la santé et de l’entretien de l’infrastructure existante pour garantir un service abordable au moment de la transition énergétique.

    4. Quels conseils donneriez-vous aux jeunes professionnels d’aujourd’hui qui souhaitent se joindre au secteur de l’énergie?

    Si l’on se fie à l’histoire de notre industrie, les défis auxquels le secteur de l’énergie sera confronté pourraient parfois être accablants. Mon conseil aux jeunes professionnels serait de rester persévérants et motivés. La participation et la contribution régulières aux groupes de travail et aux séances d’échange de connaissances et de leçons apprises sont l’un des moyens les plus efficaces de relever les défis communs pour permettre à l’industrie de réfléchir à des solutions innovantes pour des possibilités plus avant-gardistes.


    Ana Villarreal Escudero, TC Energy

    Ana Villarreal Escudero, P. Eng., TC Energy

    Ana Villarreal Escudero travaille dans le secteur de l’énergie au Canada depuis sept ans, mettant son expertise en conception mécanique au service d’installations à faibles émissions durables. Sa carrière a couvert les domaines de l’intégrité et de la fiabilité des installations, de la mise en service et du développement du capital au Canada, aux États-Unis et au Mexique. Plus récemment, Ana a dirigé l’élaboration de stratégies de réduction des émissions dans l’unité commerciale Gaz du Canada de TC Énergie, en mettant l’accent sur la réduction et la gestion du méthane. Reconnaissant que les jeunes professionnels ont le dynamisme et la passion nécessaires pour catalyser un changement positif dans l’industrie de l’énergie, Ana s’est jointe à la Young Pipeliners Association of Canada (YPAC) où elle a été co-présidente du chapitre de Calgary. À ce titre, elle a canalisé sa passion pour la connexion et le changement transformateur pour créer des espaces où les jeunes professionnels sont habilités à voir grand et à être audacieux. Dans le cadre du programme Avatar, Ana apporte sa ténacité et son ambition pour continuer à développer des solutions innovantes pour l’écosystème énergétique.

    1. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous joindre au secteur de l’énergie?

    En travaillant dans le secteur de l’énergie, il y a un fort sentiment de responsabilité sociale car le travail que vous faites joue un rôle important dans la façon dont l’énergie est fournie et utilisée dans la société. J’ai été attiré par l’industrie de l’énergie en raison de ce sens des responsabilités et de la grande variété d’opportunités et d’expériences que l’on peut avoir dans ce secteur. En travaillant dans cette industrie, vous pouvez avoir un réel impact sur la façon dont l’énergie se développe et c’est ce qui me motive à continuer à en faire partie.

    2. Qu’est-ce qui vous enthousiasme le plus quant à l’avenir de l’industrie du gaz naturel au Canada?

    Le Canada est un chef de file en ce qui concerne l’exploitation responsable et durable des réseaux de gaz naturel. Je suis enthousiasmé par la façon dont ce secteur continuera à évoluer et à améliorer ses pratiques pour s’assurer que le gaz est produit, transporté et livré de la façon la plus durable et la plus faible en carbone possible.

    3. À votre avis, comment voyez-vous l’évolution du rôle de l’infrastructure du gaz naturel au cours des 30 prochaines années?

    Il ne fait aucun doute que l’infrastructure de gaz naturel existante au Canada est un atout énorme et je pense que ces actifs doivent évoluer pour aider à atteindre les objectifs de carboneutralité de notre pays. Ce qui sera intéressant, à mon avis, c’est de voir comment cette infrastructure s’adaptera pour transporter des produits autres que le gaz naturel, comme l’hydrogène, les mélanges d’hydrogène ou le carbone. Des changements de ce type permettraient de tirer parti de l’infrastructure et des processus existants pour construire une base solide pour de nouveaux types de carburants et de besoins énergétiques.

    4. Quels conseils donneriez-vous aux jeunes professionnels d’aujourd’hui qui souhaitent se joindre au secteur de l’énergie?

    Mon conseil serait d’apporter votre passion, vos idées, votre dynamisme et votre engagement. Le secteur de l’énergie a besoin de jeunes professionnels motivés et prêts à s’attaquer à des problèmes difficiles et multidisciplinaires qui contribueront à un avenir de carboneutralité. Il existe un tel éventail d’opportunités qui toucheront à tout, de l’application de nouvelles technologies à l’élaboration de politiques en passant par des partenariats significatifs avec les communautés pour atteindre un objectif commun. Il n’y a jamais eu d’époque plus conséquente pour faire partie de l’industrie énergétique.


    John Salazar, TC Energy

    John Salazar, TC Energy

    John est né aux Philippines et a immigré à Calgary en 2001. Il a passé sa carrière dans diverses facettes de l’industrie énergétique, de la recherche et du développement à la conception d’installations et de pipelines, en passant par la gestion et l’exploitation de projets. Il est ingénieur professionnel agréé (APEGA) et professionnel de la gestion de projet (PMI). Aujourd’hui, John est membre du conseil d’administration de Progressive Assistance Canada Charity et de SOLAR Hope, dirige une équipe d’hommes et de femmes de métier qualifiés pour fournir de grands volumes d’énergie aux foyers et aux entreprises de manière sécuritaire et fiable, et participe avec passion aux conversations sur la création d’équipes à haut rendement et l’avenir de l’énergie.

    1. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous joindre au secteur de l’énergie?

    Mon grand-père était ingénieur et a dirigé une équipe qui a construit et exploité les infrastructures d’assainissement et de distribution d’eau aux Philippines. Mon père est également ingénieur et a dirigé l’équipe qui a conçu, construit et entretenu tous les systèmes mécaniques nécessaires à la fourniture d’énergie électrique dans toutes les Philippines. J’ai été inspiré et poussé à poursuivre notre lignée de bâtisseurs de plusieurs générations et à laisser en héritage la construction des infrastructures nécessaires pour alimenter nos vies quotidiennes, connecter nos communautés et explorer notre avenir — l’énergie est à la base de tout cela.

    2. Qu’est-ce qui vous enthousiasme le plus quant à l’avenir de l’industrie du gaz naturel au Canada?

    L’engagement mondial en faveur d’un avenir plus durable a incubé un avenir énergétique qui inspire les professionnels de l’énergie actuels et futurs à défier la norme, accélérant ainsi le rythme de la transformation. Ce qui n’était que des idées il y a seulement dix ans est devenu notre réalité aujourd’hui, et il est inspirant de savoir que nous faisons partie de la communauté qui construira un avenir qui attend encore d’être imaginé et découvert.

    3. À votre avis, comment voyez-vous l’évolution du rôle de l’infrastructure du gaz naturel au cours des 30 prochaines années?

    Aujourd’hui encore, des milliards de personnes n’ont pas accès à des sources d’énergie propres, durables et abordables. Alors que nous continuons à faire progresser nos connaissances et notre technologie, la composition du gaz naturel dans notre réseau peut changer, mais le rôle de l’infrastructure canadienne du gaz naturel continuera de croître pour assurer l’équité de l’accès à l’énergie dans le monde, tout en menant l’avancement des technologies vers un avenir de carboneutralité.

    4. Quels conseils donneriez-vous aux jeunes professionnels d’aujourd’hui qui souhaitent se joindre au secteur de l’énergie?

    Le secteur de l’énergie est l’une des industries les plus dynamiques qui soient. Vous collaborerez avec des personnes parmi les plus passionnées et les plus créatives, vous découvrirez des cultures uniques et leurs habitants, et vous ferez partie d’une industrie qui est nécessaire pour alimenter notre vie quotidienne. Nous vivons une période de transformation significative sans précédent et en vous joignant à l’industrie aujourd’hui, vous participez de manière significative à l’une des conversations les plus importantes de notre génération, pour notre avenir.


    Lindsay Drozdiak, TC Energy

    Lindsay Drozdiak, P.Eng., TC Energy

    Lindsay a commencé sa carrière dans l’industrie du gaz naturel à Grande Prairie, en Alberta, où elle a déménagé après avoir obtenu son diplôme en génie mécanique à l’Université Queen’s. Lindsay a fait l’expérience directe des défis associés au maintien du fonctionnement de notre infrastructure de gaz naturel pendant les chaudes journées d’été et les froides nuits d’hiver de l’Alberta. Elle est depuis retournée dans sa ville natale de Calgary pour se joindre à TC Énergie, où elle a occupé divers rôles techniques et de gestion de projet au sein de leur unité commerciale Gaz du Canada. Lindsay s’efforce de façonner l’avenir de l’industrie en faisant du bénévolat auprès de la Young Pipelines Association of Canada (YPAC).

    1. Qu’est-ce qui vous a incité à vous joindre au secteur de l’énergie ?

    Je me suis jointe au secteur en raison des vastes possibilités et du cheminement de carrière progressif que je voyais pour moi. J’ai été attirée par les nouveaux programmes d’études supérieures offerts par de nombreuses entreprises du secteur de l’énergie, qui offrent des possibilités de rotation pour les jeunes professionnels et me permettent de découvrir différents rôles au sein de l’industrie.

    Les nombreuses possibilités de développement qui m’ont été offertes m’ont donné les outils et la confiance nécessaires pour prendre la parole et remettre en question le statu quo. J’ai le sentiment d’avoir une voix dans ce secteur, et que ma voix est entendue.

    2. Qu’est-ce qui vous enthousiasme le plus quant à l’avenir de l’industrie du gaz naturel au Canada ?

    Je suis très enthousiaste quant au nombre d’occasions qui s’offrent à notre industrie, grâce au haut niveau d’expertise que nous possédons. L’industrie est à un point charnière où nous avons une jeune énergie abondante qui entre dans l’industrie, ainsi qu’une importante expertise éprouvée qui est désireuse de partager ses connaissances. Nous devons nous assurer que nous facilitons le transfert des connaissances jusqu’aux jeunes professionnels qui peuvent canaliser leur énergie pour bâtir sur les grandes fondations existantes et créer les solutions innovantes que nous voulons tous voir dans les années à venir.

    3. À votre avis, comment voyez-vous l’évolution du rôle de l’infrastructure du gaz naturel au cours des 30 prochaines années ?

    Nous dépendrons toujours de l’infrastructure énergétique sûre et fiable dont nous disposons aujourd’hui. Comme il devient de plus en plus difficile de construire de nouvelles infrastructures énergétiques, nos infrastructures existantes deviennent immensément plus précieuses et seront tributaires d’une population croissante. En conséquence, les méthodes d’exploitation et d’entretien de nos infrastructures devront évoluer. Nous devons continuer à remettre en question nos modes de pensée et à accroître notre efficacité afin de consolider la position du gaz naturel comme une forme d’énergie préférable dans le futur bouquet énergétique.

    4. Quels conseils donneriez-vous aux jeunes professionnels d’aujourd’hui qui souhaitent se joindre au secteur de l’énergie ?

    Continuez toujours à apprendre. Efforcez-vous de comprendre les principes de base; cela vous donnera la base dont vous avez besoin pour pouvoir innover et continuer à faire progresser le secteur.

    Impliquez-vous! Il existe tellement d’excellentes associations de jeunes professionnels et de webinaires en ligne auxquels vous pouvez participer pour élargir vos connaissances et votre réseau.

    N’oubliez pas comment le secteur est arrivé là où il est. Bien qu’il y ait beaucoup de domaines nouveaux et passionnants dans lesquels s’investir, il est essentiel que l’industrie transmette les générations de connaissances et de compétences qu’elle a développées.


    Ryan Organ

    Ryan Organ, Enbridge Gas Inc.

    Ryan Organ est né et a grandi à Halifax, en Nouvelle-Écosse, et a obtenu un baccalauréat en commerce, avec une spécialisation en finances, à l’Université Saint Mary’s. Il a également travaillé dans le secteur de l’énergie. En 2007, Ryan a déménagé à Chatham, la ville natale de sa femme, en Ontario, et a commencé sa carrière chez Enbridge Gas Inc.

    Ryan fait partie du conseil d’administration de la Chambre de commerce de Chatham-Kent, se joignant récemment au personnel de direction en tant que président élu. Ryan soutient également divers événements caritatifs, et s’est récemment joint au comité de planification d’un tournoi caritatif de pickleball.

    Ryan a trois jeunes filles avec sa femme, Justine, et aime passer du temps avec ses amis et sa famille, faire du ski, du golf, du bateau et du plein air.

    1. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous joindre au secteur de l’énergie?

    J’ai eu la chance de décrocher un emploi dans une banque après l’université. C’était un excellent départ, et une voie que je pensais poursuivre pendant la majeure partie de ma carrière.

    Puis quelque chose d’inattendu s’est produit : une possibilité s’est présentée dans le secteur de l’énergie qui me permettait de m’épanouir personnellement, de me développer professionnellement et de contribuer à la qualité de vie et à la prospérité économique de nos clients, de notre province et de notre pays. J’apprendrais de certains des esprits les plus brillants et des leaders les plus forts de l’industrie.

    La décision fut sans équivoque, et ce fut la meilleure décision que je pouvais prendre.

    2. Qu’est-ce qui vous enthousiasme le plus quant à l’avenir de l’industrie du gaz naturel au Canada?

    Il y a de quoi être enthousiaste!

    Nous sommes dans une position unique pour non seulement soutenir nos clients dans la transition énergétique, mais aussi pour aider à façonner ce à quoi elle ressemblera. Notre industrie répond aux besoins de nos clients qui comptent sur le gaz naturel pour alimenter leur qualité de vie, tout en trouvant des solutions innovantes qui répondent aux besoins de demain.

    Je suis extrêmement fier de faire partie de l’industrie du gaz naturel et je suis enthousiasmé par toutes les possibilités qui se profilent à l’horizon.

    3. À votre avis, comment voyez-vous l’évolution du rôle de l’infrastructure du gaz naturel au cours des 30 prochaines années?

    L’année 2052 n’est pas si loin dans l’ordre
    des choses.

    Je pense que le rôle de l’infrastructure du gaz naturel sera toujours de répondre aux besoins de nos clients, mais la façon dont nous utilisons ces actifs, la composition de l’énergie qu’ils fournissent et le niveau d’interconnexion avec d’autres infrastructures énergétiques évolueront.

    Je vois des changements dans notre combinaison d’approvisionnement, reposant de plus en plus sur le gaz naturel renouvelable et l’hydrogène.

    Je vois la capture, l’utilisation et la séquestration du carbone jouer un rôle important. D’ici 2052, bon nombre des initiatives que nous considérons aujourd’hui comme avant-gardistes ou de pointe feront partie d’un réseau énergétique bien établi, hautement intégré et automatisé.

    4. Quels conseils donneriez-vous aux jeunes professionnels d’aujourd’hui qui souhaitent se joindre au secteur de l’énergie?

    Premièrement : la transition énergétique apportera des changements et des possibilités considérables.

    Elle donnera aux jeunes professionnels l’occasion d’exercer leur créativité, de s’investir dans des initiatives nouvelles et passionnantes, et de contribuer à façonner l’industrie de l’énergie pour les décennies à venir.

    Deuxièmement : l’endroit où vous allez dans cette industrie pourrait vous surprendre.

    Cette industrie présente une riche diversité de rôles qui peuvent mener à une mosaïque de carrières très intéressantes. J’ai la chance d’avoir travaillé dans les domaines des prévisions, de la réglementation, de l’approvisionnement en gaz, des ventes, du développement commercial et du soutien à l’élaboration de politiques et aux ventes. C’est une carrière enrichissante ; j’ai beaucoup appris de l’équipe incroyablement talentueuse d’Enbridge et je n’ai fait qu’effleurer le sujet.

  • Le ministre des Ressources naturelles, Jonathan Wilkinson, explique comment le Canada peut soutenir la sécurité énergétique

    Le ministre des Ressources naturelles, Jonathan Wilkinson, explique comment le Canada peut soutenir la sécurité énergétique

    Hon. Jonathan Wilkinson, Canada’s Minister of Natural Resources

    Nous sommes ravis d’inclure ci-dessous un article d’opinion du ministre des Ressources naturelles, Jonathan Wilkinson. Son emploi du temps n’a pas permis une entrevue en personne comme nous l’avons fait avec ses prédécesseurs, mais le ministre a abordé un certain nombre de questions clés que nous voulions explorer dans une entrevue, en particulier la préoccupation croissante du public concernant l’abordabilité de l’énergie et le désir des Canadiens et Canadiennes d’aider l’Europe en matière de sécurité énergétique. Le gaz naturel est essentiel pour répondre à ces deux enjeux publics : Le secteur gazier canadien est particulièrement qualifié pour maintenir l’énergie à un prix abordable et aider nos alliés — une victoire pour tous, et la clé de notre bien-être économique et de notre sécurité mondiale. Nous sommes impatients de travailler avec le ministre et ses collègues sur ces deux points.

    L’invasion de l’Ukraine par Poutine représente une violation du droit international, une attaque non provoquée contre un peuple pacifique et une atteinte à l’ordre international fondé sur des règles.

    Le Canada apporte un soutien indéfectible au peuple ukrainien et à nos amis et alliés européens.

    Il y a plusieurs semaines, notre gouvernement a pris des mesures pour interdire les importations de pétrole, de gaz et de produits pétroliers russes. Les États-Unis et le Royaume-Uni ont depuis pris des mesures similaires.

    L’invasion de Poutine a fait grimper les prix du gaz dans le monde entier, et ces événements ont soulevé de sérieuses questions sur la sécurité énergétique en Europe.

    « Le Canada apporte un soutien indéfectible au peuple ukrainien et à nos amis et alliés européens ».

    Ici, au pays, notre gouvernement fait appel au Bureau de la concurrence pour empêcher les prix abusifs. Et la question de l’abordabilité demeure une préoccupation centrale pour le gouvernement fédéral. Nous continuerons à travailler pour rendre la vie plus abordable — comme nous l’avons fait au cours des dernières années grâce à des programmes comme la Prestation canadienne pour enfants, les services de garde d’enfants à faible coût, et l’incitatif à agir pour le climat qui remet plus d’argent dans les poches des gens.

    Et sur la scène mondiale, nous continuerons aussi à faire notre part.

    L’Europe se concentre à court terme sur l’élimination de sa dépendance au gaz russe grâce aux importations de gaz naturel liquéfié (GNL) qui remplaceront le pétrole et le gaz russes, tandis que son objectif à moyen terme est de passer le plus rapidement possible aux énergies renouvelables et à l’hydrogène.

    Les dirigeants européens nous ont demandé d’explorer comment le Canada peut aider dans les deux cas, et les Canadiens et Canadiennes veulent s’assurer que nous faisons ce que nous pouvons pour aider l’Ukraine et l’Europe. Alors, comment le Canada peut-il aider?

    Le Canada occupe une position unique pour contribuer à la construction d’une économie d’énergie propre à long terme. Nous sommes déjà des chefs de file en matière de technologies non émettrices, et nous avons les ressources brutes nécessaires pour les construire.

    L’hydrogène propre est un carburant qui intéresse particulièrement l’Europe. Le Canada est l’un des principaux producteurs d’hydrogène au monde, et nous nous appuyons sur nos forces existantes, avec de multiples projets d’hydrogène d’un milliard de dollars déjà en cours dans tout le pays.

    La semaine dernière, j’ai participé à une réunion avec mes homologues de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) afin de discuter de la manière dont nous pourrions travailler ensemble pour garantir la disponibilité des minéraux essentiels nécessaires à la transition énergétique.

    L’Union européenne (UE) est le deuxième marché d’exportation du Canada pour les technologies propres. Il existe d’importantes possibilités de tirer parti de cette situation et, ce faisant, de créer des emplois durables au Canada.

    Mais nous examinons également ce que nous pouvons faire pour aider nos amis européens à court terme.

    Il y a actuellement beaucoup de discussions autour du GNL — non seulement comme combustible de transition pour la transition énergétique en cours, mais aussi comme remplacement direct du gaz russe dans l’immédiat.

    Pour que les exportations de GNL canadien aient un sens dans ce contexte, nous devrions démontrer notre capacité à satisfaire les besoins à court terme de l’Europe. En d’autres termes, nous devrions fournir du GNL à l’Europe pendant qu’elle en veut encore, et nous devrions le faire dans le contexte du respect des engagements climatiques du Canada.

    Le Canada ne dispose actuellement d’aucune installation de GNL à grande échelle sur la côte est. Une nouvelle infrastructure serait donc nécessaire — et elle devrait s’inscrire dans les délais européens de transition du GNL à l’hydrogène non polluant.

    De plus, toute exportation de ce type en provenance du Canada devra démontrer sa compatibilité avec les objectifs climatiques essentiels.

    « Il y a actuellement beaucoup de discussions autour du GNL — non seulement comme combustible de transition pour la transition énergétique en cours, mais aussi comme remplacement direct du gaz russe dans l’immédiat ».

    En général, si le GNL doit contribuer à la transition énergétique, son utilisation doit être directement liée au déplacement de combustibles à émissions plus élevées comme le charbon ou l’utilisation actuelle du gaz naturel. Nous ne pouvons pas dire que nous construisons une installation de GNL et simplement supposer qu’elle remplacera les combustibles hydrocarbures.

    Comme on l’a noté, les émissions associées à ces exportations devraient également s’inscrire dans les objectifs de réduction des émissions du Canada, ce qui signifie que les émissions associées à une installation de production devraient être très faibles. Pour éviter le risque que ces installations deviennent des actifs délaissés, elles devraient idéalement pouvoir se convertir à la production d’hydrogène à très faible teneur en carbone à long terme.

    Les dirigeants européens ont été clairs. Ils ne veulent pas seulement réduire leur dépendance au pétrole et au gaz russes — ils veulent réduire leur dépendance au pétrole et au gaz tout court.

    Comme l’a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, au début du mois, « c’est le passage aux énergies renouvelables et à l’hydrogène qui nous rendra véritablement indépendants. Nous devons accélérer la transition verte » [traduction].

    L’Europe redouble d’efforts pour obtenir son indépendance énergétique vis-à-vis de la Russie et pour accélérer la transition vers un avenir à faible émission de carbone. Le Canada est là pour faire tout ce qu’il peut raisonnablement faire pour aider.

  • Les positions de nos analystes: Conservateur, Libéral, et NDP

    Les positions de nos analystes: Conservateur, Libéral, et NDP

    Comment les dirigeants politiques peuvent-ils soutenir une énergie abordable pour réduire les impacts de la pauvreté énergétique au Canada ?

    Les points de vue et opinions exprimés dans cet article sont ceux des auteurs et ne reflètent pas nécessairement la politique ou la position officielle de l’Association canadienne du gaz.

    Par Tim Powers

    Si vous avez acheté quelque chose dernièrement, vous savez que l’inflation est réelle. Si, comme de nombreux Canadiens, vous ne conduisez pas un véhicule électrique, vous savez, après être passé à la pompe, que le prix de l’essence a augmenté de façon spectaculaire. Et pour les personnes qui n’ont pas accès aux transports en commun ou pour qui la marche n’est pas une option, le coût pour se rendre au travail ou pour emmener les enfants au hockey rend la vie moins abordable.

    Maintenant que la guerre fait rage en Ukraine, le rôle central de la Russie dans l’approvisionnement en énergie de certaines parties de l’Europe, de l’Asie et d’ailleurs fait l’objet d’une attention accrue. La dynamique géopolitique a toujours influencé les discussions sur la politique énergétique au Canada. Déjà, trois provinces canadiennes – l’Alberta, Terre-Neuve-et-Labrador et la Saskatchewan – ont déclaré que le Canada devrait profiter de la crise en Ukraine pour faire progresser les options énergétiques de ces régions dans le monde. Parallèlement, des politiciens conservateurs fédéraux très en vue, Pierre Poilievre et Michael Chong, ont soutenu que le Canada doit également agir pour accélérer le développement de projets de GNL, en particulier ceux de la côte Est, afin que l’Europe dispose de nouvelles options d’approvisionnement stables.

    Hand holding gasoline nozzle
    « Si, comme de nombreux Canadiens, vous ne conduisez pas un véhicule électrique, vous savez, après être passé à la pompe, que le prix de l’essence a augmenté de façon spectaculaire ».

    Alors que le système politique national canadien se tourne vers la saison des budgets, attendez-vous à ce que l’inflation et l’instabilité mondiale dominent ces documents politiques. De St. John’s à Victoria, les citoyens réclament un soulagement temporaire de la douleur inflationniste, notamment en ce qui concerne le prix de l’essence. À Ottawa, ils entendent ces mêmes cris tout en étant encouragés à être plus agressifs sur l’ouverture de l’entrepôt énergétique du Canada au monde. Avec le Parti conservateur dans une nouvelle course à la chefferie, attendez-vous à plus de débats sur la façon dont le Canada doit faire plus sur le plan géopolitique pour supplanter les autres nations, non seulement en matière de réduction des gaz à effet de serre, mais aussi en tant que fournisseur d’énergie.

    Alors, à quoi faut-il s’attendre sur le plan politique? Il est possible que les gouvernements envisagent un allègement temporaire de la perception de la taxe sur l’essence dans les endroits où ils disposent de tels mécanismes. Certains ont demandé une renonciation ou une réduction plus large de la taxe de vente – ce qui n’est pas hors du domaine du possible – mais cela pourrait être considéré comme risqué, étant donné le précédent perçu que cela pourrait créer. D’autres pourraient augmenter les subventions pour une transition plus rapide vers des options d’énergie non renouvelable si l’on peut faire valoir que cela apporte un soulagement légitime aux défis personnels actuels en matière d’accessibilité financière. De plus, je n’exclurais pas que certains gouvernements créent des paiements spéciaux uniques pour soulager les citoyens. La corruption avec notre propre argent a déjà fonctionné auparavant.

    Les débats politiques à moyen et long terme, au-delà des budgets, reviendront sur l’environnement réglementaire de l’énergie au Canada et le rythme de la transition énergétique. Par exemple, dans l’actuelle course à la direction du Parti conservateur du Canada, le rythme et la place de la transition ont occupé le devant de la scène. Les candidats ont surtout reconnu que l’incertitude géopolitique en Europe crée une ouverture importante pour le pétrole et le gaz canadiens. Un candidat est allé jusqu’à affirmer que l’incertitude devrait nous inciter à accroître notre production nationale. Ceci, en plus de la reconnaissance récente par le gouvernement lui-même que l’augmentation de notre production d’énergie au Canada crée un ensemble de circonstances très intéressantes.

    Peut-être que pour la première fois depuis des années, il y a une véritable perturbation autour de ce que sera la forme de la politique énergétique du Canada au cours des deux prochaines décennies. Il sera intéressant de voir comment la situation évoluera, car la menace des changements climatiques ne disparaîtra pas de si tôt, pas plus que l’instabilité en Europe.

    « Peut-être que pour la première fois depuis des années, il y a une véritable perturbation autour de ce que sera la forme de la politique énergétique du Canada au cours des deux prochaines décennies ».

    Tim Powers, est le président de Summa Strategies Canada et le directeur général d’Abacus Data, dont les deux sièges sociaux sont à Ottawa. M. Powers est souvent invité à l’émission Power and Politics du réseau de télévision CBC, ainsi qu’à la chaîne VOCM de Terre-Neuve-et-Labrador, sa province d’origine.


    Scott Reid
    Par Scott Reid

    L’objectif de carboneutralité va remodeler l’économie du Canada au cours des deux prochaines générations. L’enjeu est notre capacité à préserver notre statut de grande nation productrice d’énergie, mais de manière durable. Plus fondamentalement encore, cet effort déterminera notre capacité à préserver notre niveau et notre qualité de vie. S’il y a un mot qui a été surutilisé ces derniers temps, c’est bien celui de transition. Mais la gestion de cette transition énergétique sera le défi de politique publique le plus crucial auquel le Canada devra faire face au cours du prochain demi-siècle.

    Le caractère abordable sera vital pour l’ensemble de l’exercice. Si nous fonçons tête baissée dans un changement qui augmente radicalement les prix que les familles paient pour satisfaire leurs besoins énergétiques, il y aura du recul et de la résistance. Les progrès seront compromis et ralentis. Par conséquent, il est essentiel de cerner des sources d’énergie abordables — et d’utiliser des outils de politique publique pour soutenir leur développement. Le gaz naturel figure en bonne place sur cette liste. Abondant en offre et avec une forte demande dans le monde entier, il représente une énorme opportunité de transition. Non seulement il nous aidera à nous rapprocher de la carboneutralité, mais il offrira des options plus abordables au niveau national ainsi qu’un potentiel d’augmentation du PIB à l’exportation. Bien sûr, le défi consiste à mettre ce produit sur le marché, ce qui nécessite le soutien engagé d’une approche de politique publique prudente — en particulier, pour la construction durable et socialement acceptée de pipelines.

    « Par conséquent, il est essentiel de cerner des sources d’énergie abordables — et d’utiliser des outils de politique publique pour soutenir leur développement. Le gaz naturel figure en bonne place sur cette liste. Abondant en offre et avec une forte demande dans le monde entier, il représente une énorme opportunité de transition ».

    D’autres technologies offrent des espoirs similaires pour une transition abordable, comme le développement des petits réacteurs modulaires (PRM) — ou petits réacteurs modulaires. Le Canada pourrait facilement, avec le soutien concerté des gouvernements et des responsables des politiques publiques, devenir un champion dans cette nouvelle ère de l’énergie nucléaire. Mais la technologie ne se produira pas toute seule. Des fonds publics et un soutien politique sont nécessaires pour créer un élan, susciter des percées et faciliter l’expansion.

    Enfin, le Canada devra également investir dans le soutien de ses producteurs d’énergie et de ses travailleurs à travers le pays. Ceux des régions productrices d’énergie comme l’Alberta, la Saskatchewan, la Colombie-Britannique et d’autres régions auront besoin d’aide pour se tourner vers d’autres options, qu’il s’agisse d’énergies renouvelables, de gaz naturel, de nucléaire ou autre. Les talents de ces travailleurs doivent être cultivés. Leurs compétences doivent être soutenues. Et leur capacité à gagner un salaire de subsistance doit être respectée. À des moments antérieurs de notre histoire, des programmes de transition spécialisés ont été mis en place pour accélérer le changement et soutenir les personnes les plus touchées. Nos outils de politique publique doivent être utilisés de façon similaire aujourd’hui afin de démontrer aux travailleurs du secteur de l’énergie que tous les Canadiens reconnaissent que le défi n’est pas seulement le leur. Il n’est pas non plus simplement sectoriel ou géographique. Il doit être considéré comme une priorité véritablement nationale.

    En poursuivant toutes ces pistes, et éventuellement d’autres, nous serions bien avisés de garder l’accessibilité financière comme un impératif prioritaire. Les politiques publiques doivent être élaborées en tenant pleinement compte des conséquences pratiques. Si le prix de la transition énergétique est trop onéreux pour que les gens puissent le payer, c’est tout le projet qui en pâtira. Le caractère abordable est donc un outil de discipline. Elle nous aide à choisir les priorités de politique publique qui non seulement nous feront réussir, mais qui nous permettront de créer et de cultiver le soutien du public.

    Scott Reid a été directeur des communications de l’ancien premier ministre Paul Martin, et est le cofondateur de Feschuk.Reid.


    Par Kathleen Monk

    Les familles sont en difficulté. L’inflation a atteint son plus haut niveau depuis 30 ans, tandis que les salaires restent à la traîne, surtout pour les travailleurs au bas de l’échelle salariale.

    La crise du coût de la vie continuera d’être un enjeu politique majeur. Alors que les politiciens se concentrent sur les Canadiens qui luttent pour payer des factures de plus en plus élevées, la hausse des coûts de l’énergie jouera un rôle central.

    Pendant des mois, les coûts de l’énergie ont été l’un des principaux moteurs de l’inflation et maintenant, comme les coûts augmentent pour transporter ou fabriquer des biens, cela a un effet d’entraînement rendant encore plus cher tout ce dont les familles ont besoin. Les taux d’intérêt étant sur le point d’augmenter au cours des prochains mois et les ménages canadiens étant endettés à hauteur de 2,5 billions de dollars, la pression fiscale à laquelle les familles sont confrontées ne peut que s’aggraver.

    Les experts mesurent généralement la pauvreté énergétique par le pourcentage du revenu des ménages que les familles consacrent à l’énergie, mais cela ne tient même pas compte de l’impact de la flambée des prix de l’essence, qui touche particulièrement les bas salaires dans les communautés n’ayant pas facilement accès aux transports en commun.

    La pauvreté énergétique ne fera que s’accroître. Cela signifie que davantage de Canadiens et Canadiennes sacrifient un élément essentiel pour en payer un autre, qu’un plus grand nombre de familles vivent dans l’inconfort, que l’incidence des maladies respiratoires est plus élevée et que les résultats en matière de santé mentale se dégradent. Tel est le sombre contexte auquel sont confrontés les décideurs politiques alors qu’ils envisagent de nouvelles mesures pour lutter contre la pauvreté énergétique dans ce pays.

    Le Canadian Urban Sustainability Practitioners (CUSP) propose un outil permettant de montrer à quoi ressemble la pauvreté énergétique au Canada. Selon le CUSP, le nombre de ménages qui dépensent plus du double de la moyenne nationale pour leurs factures d’énergie mensuelles — ce qui est la définition de la pauvreté énergétique — s’élève à plus de 2,8 millions de familles au Canada. Dans les provinces de l’Atlantique, plus d’un tiers des ménages sont maintenant en situation de pauvreté énergétique. Dans certaines régions du Nord de l’Ontario, c’est plus de 50 % des familles.

    Il ne s’agit pas seulement de familles qui ont du mal à assumer les coûts élevés de l’énergie. Certaines communautés, dont un nombre important de communautés autochtones, n’ont pas du tout accès à l’énergie de manière fiable.

    Les solutions devront s’adapter aux différentes réalités auxquelles sont confrontées une myriade de communautés à travers le pays.

    Les gouvernements peuvent commencer par aider les familles à améliorer l’efficacité énergétique de leur foyer grâce à des mesures telles que des programmes d’amélioration de l’efficacité énergétique, en particulier des initiatives visant à aider directement les familles à faible revenu vivant dans des maisons inefficaces. Efficacité énergétique Canada, un organisme qui milite en faveur d’une économie plus efficace sur le plan énergétique, a proposé une nouvelle législation comportant des objectifs fermes de réduction de la pauvreté énergétique ainsi qu’un nouveau financement dans le prochain budget fédéral qui pourrait être utilisé pour susciter des engagements plus importants de la part des provinces en matière de réduction de la pauvreté énergétique.

    « Les gouvernements peuvent commencer par aider les familles à améliorer l’efficacité énergétique de leur foyer grâce à des mesures telles que des programmes d’amélioration de l’efficacité énergétique… ».

    Voilà de bons premiers pas, mais il faut faire tellement plus. Le fait est que nous avons besoin de mesures urgentes pour réduire les coûts de l’énergie, mais aussi de mesures pour faire baisser le coût élevé du logement, des médicaments et de l’épicerie. Si nous n’agissons pas, nous risquons de laisser pour compte des millions de familles.

    Kathleen Monk est propriétaire principale de Monk + Associates, une société indépendante d’affaires publiques. Elle apparaît régulièrement à l’émission Power and Politics du réseau CBC News et siège au conseil d’administration de CIVIX, un organisme de bienfaisance non partisan qui se consacre à la formation de citoyens engagés.